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Revue électronique de publications scientifiques sur l'Afrique

 


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Discours littéraire et « quotient anthropologique ».
Essai sur l’épistémologie de la fiction narrative à partir de Temps de chien de Patrice Nganang

Yannick Judicaël Mounienguet M’berah, Université Omar Bongo, Département de Lettres Modernes, Centre d'Etudes et de Recherches sur la Littérature et l'Imaginaire (CERLIM), Gabon


Résumé : Définissant le champ et la démarche anthropologiques, François Laplantine, de son ouvrage intitulé L’anthropologie (2001), affirme : « L’homme n’a jamais cessé de s’interroger sur lui-même […] La réflexion de l’homme sur l’homme et sa société, et l’élaboration d’un savoir, sont donc aussi vieille que l’humanité, et ont été aussi bien le fait de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Océanie que de l’Europe » (p. 9). Et pour marquer le tournant de cette transition scientifique sur une pensée de l’homme sur l’homme qui n’était jusque-là que d’ordre mythologique, artistique, théologique et philosophique, l’auteur soutient qu’ « il s’agit cette fois de faire passer [l’homme] du statut de sujet de la connaissance à celui d’objet de la science » (p. 10).

Aristote pour sa part, avec Poétique (Paris, Gallimard 1996), soutenant que l’homme est un « être imitant par nature », prescrivait non seulement aux théoriciens les modalités silencieuses d’une approche scientifique du discours des genres (théorie des genres), mais édictait également aux « poètes » (écrivains) les règles qui régissent la composition littéraire. Par-delà ces principes fondamentaux, le philosophe grec, anthropologue malgré lui, s’appuie sur l’armature langagière pour énoncer la force axiologique en vertu de laquelle le concept de mimesis (représentation) formule son programme anthropologique : l’homme comme sujet et objet de l’imitation.

Sur cette ligne où viennent se rencontrer les enjeux du spécialiste de la littérature et ceux de l’anthropologue, cet article, qui prend appui sur le concept de Quotient Anthropologique forgé en conséquence, entend réfléchir sur les notions de « vérité » anthropologique et « vérité » littéraire, au-delà de la pertinence respective de ces deux types d’énonciation. A ce titre, il tirera prétexte de Temps de chien (Le serpent à plumes, 2001) de Patrice Nganang pour examiner le déplacement (littéraire) de la norme et de l’objet de cette science humaine (l’anthropologie) ainsi que les nouvelles catégories anthropologiques qui peuvent dé-naturer la perception de son intelligence discursive. En définitive, il s’agira, dans le tourbillon du conflit des interprétations, de faire entendre non seulement les objections de la littérature mais aussi sa contribution dans l’espace instable et imprécis décrit par la connaissance anthropologique.

Mots clés : Afrique, épistémè, Mudimbe, postcolonialisme, sciences humaines.

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