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Revue électronique de publications scientifiques sur l'Afrique

 


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Conscience symbolique de l’espace et modernité de l’habiter au Gabon.
Réflexion autour du devenir esthétique de l’environnement urbain (Libreville et Port-Gentil)

Cyrille Mickala, Université Omar Bongo, Gabon


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Venant du latin urbs qui signifie cité, agglomération urbaine par opposition au rural, la ville, à en croire H. Marchal et J-M. Stébé (2011, 14) ou A. Cambier (2014, 10), est un artefact humain qui montre comment l’homme prescrit et impose ses lois et ses rythmes à la nature, l’humanise en créant un environnement maîtrisé par distanciation avec l’incertitude du monde. L’expérience urbaine à la modernité, du moins depuis R. Descartes, nécessite le déploiement à la fois théorique que pratique d’un savoir scientifique et technique qui en élabore et détermine les enjeux, pour disposer d’un milieu de vie ouvrant au bien-être, donc esthétiquement habitable. L’expérience de la ville moderne en Afrique et au Gabon en particulier, – est une pratique d’acquisition occidentale : « La structure urbaine qui prédomine aujourd’hui dans les nouveaux Etats semble liée étroitement à l’introduction de l’économie monétaire fondée sur la production des cultures d’exportation » (J.-M. Ela, 1983, 10). Elle se distingue de celle des origines, c’est-à-dire des modes d’habitation des sociétés traditionnelles lesquelles disposaient d’une conscience symbolique de l’espace.

L’espace à conscience symbolique des sociétés endogènes était qualitativement orienté suivant des savoirs et des savoir-faire, qui le rendaient habitable. Celui-ci, par la dignité de vie et sa salubrité, reste, par rapport à la ville moderne, plus désirable et imprègne encore de nostalgie même la conscience de l’homme moderne. Or, à observer l’expérience urbaine des villes gabonaises quant aux disparités spatiales et oppositions anthropologiques bipolaires remarquables, en l’occurrence à Libreville et à Port-Gentil, celle-ci reste marquée par des incongruités qui mettent en mal son statut d’espace moderne d’habitation.

Pour cela, peut-on encore dire, comparativement aux sociétés à conscience mythologique de l’espace, qu’elle offre au sujet habitant un rapport bienfaisant à l’espace habité ? Ne confère-t-elle pas plutôt à la topophobie, c’est-à-dire au désamour des lieux ? Le savoir et l’expérience urbains tels qu’ils se déploient au Gabon sont-ils conformes à la modernité cadastrale ? N’y-a-t-il pas lieu, de repenser et de réorienter l’environnement spatial de l’expérience des milieux modernes de vie pour le rendre esthétiquement soutenable et donc habitable ?


1. L’expérience endogène de l’espace habité

1.1. L’espace des sociétés à conscience symbolique
Lorsqu’on parle des sociétés à conscience symbolique de l’espace, référence est singulièrement faite aux sociétés traditionnelles, primitives. Celles-ci déterminaient l’espace indépendamment de toute orientation rationnelle, sinon uniquement celle relative à la pensée symbolique. Le symbolique, en tant que signe, est selon G. Durand (1964, 6-7), une représentation vivante évoquant indirectement quelque chose ou un ensemble d’idées matériellement absent. Loin de se ramener qu’à ce qui est manifeste, il suggère et signifie toujours plus. Le symbole, dit-il, est « une représentation qui fait apparaître un sens secret, il est l’épiphanie d’un mystère » (op. cit., p. 9). Rapporté à l’expérience de l’espace, celui dans lequel l’homme vit et habite, la conscience symbolique de l’espace est un mode d’appréhension et d’organisation poétique de l’étendue d’habitation se fondant sur des représentations imaginaires.

Ces représentations imaginaires permettent la structuration et la réduction de l’étendue sensible à des contenus mythologiques, lesquels constituent en réalité la teneur métaphysique de chaque portion du monde. En l’occurrence, dans son expression symbolique, la répartition originaire de l’espace d’habitation selon le masculin et le féminin, le sacré et le profane, nord-sud, est-ouest, etc., obéit, à croire Cassirer (2007, 110), à des distinctions particulières pour lesquelles, « chaque « ici » et chaque « là-bas » » ne sont pas des réalités déterminées de manière innocente, pour être indifféremment identique partout. Au contraire, chaque portion du monde habité dans les sociétés traditionnelles était « remplie par un contenu déterminé, donné individuellement aux sens ou à l’intuition » (E. Cassirer, 2007, 110). En d’autres termes, ce sont des sociétés disposant d’un milieu d’habitation symboliquement et qualitativement organisé, de sorte qu’aucune place ne puisse se confondre avec l’autre. C’est en cela que « le nord, le sud, l’ouest et l’est, le monde supérieur et le monde inférieur, et finalement le milieu, le centre du monde, et chaque être possède une place, et une seule, dans cette organisation générale, qui lui est assignée une fois pour toute » (op. cit., p. 113).

Ernst Cassirer parle plutôt d’une conception mythologique de l’espace, pour désigner en effet l’espace dont les déterminations topologiques vécues sont qualitativement définies. Celui-ci se situe « entre l’espace de la perception et l’espace de la connaissance pure, l’espace de l’intuition géométrique » (ibidem, p. 113). Le mythologique sort l’expérience du monde de la relation première et naïve « de notre expérience immédiate »(idem, p. 31). Il transcende et schématise « toute signification simplement matérielle » du « monde dans lequel nous sommes et nous vivons tous perpétuellement » (idem, p. 17 & p. 31). La conscience mythologique témoigne alors d’un effort de représentation et de configuration de l’espace d’habitation distinct de l’immédiateté empirique que de la pensée rationnelle.

Cet effort originaire de typification et de schématisation du monde, particulièrement des milieux d’habitation, indique une « objectivité » réelle inhérente aux processus d’objectivation effectifs. L’on reconnaît en celui-ci « un des facteurs déterminants qui permettent à la conscience de se délivrer de la claustration passive dans la sensibilité et de progresser vers la création d’un « monde » organisé selon un principe spirituel qui lui soit propre ». (Cassier, op. cit., p. 30). L’objectivité de la conscience mythologique du monde n’est donc pas un réalisme ou un dogmatisme naïfs. Elle « n’est pas le reflet d’une existence donnée », elle est idéalement « une manière particulière de construire qui permet à la conscience d’échapper et de s’opposer à la simple réceptivité des impressions sensibles » (ibidem, p. 31).

Habiter étant le propre de l’homme, alors l’expérience d’habiter au Gabon n’a jamais été de fait qu’au contact avec l’occident. Au contraire et traditionnellement, le rapport à l’espace est inhérent aux sociétés traditionnelles gabonaises où l’influence mythologique est exemplairement présente dans la pratique des milieux de vie. Les structures anthropologiques de l’espace des sociétés gabonaises traditionnelles sont portées par des représentations symboliques au travers desquelles, l’univers d’habitation est qualitativement orienté et distingué.

C’est alors que dans leur expérience de séjourner, on distingue l’espace du corps de garde positionné stratégiquement dans la cour de manière à garantir une vue imbattable de tous les accès du village, de celui de la cuisine. Ici le masculin se pense relativement au féminin. Le premier étant la représentation de celui qui commande et assure la sécurité que l’hospitalité, tandis que le second dénote non seulement la fécondité, mais aussi le sexe faible qui nécessite la protection. Les tombes situées au sud, lieu de la mort s’opposent au nord, lieu de la vie où se localisent les espaces cultuels. L’espace sacré, celui des cultes initiatiques ou de l’invocation des divinités, ne se confondant avec celui de la fête, se tenait souvent derrière, quelque part là-bas dans la forêt environnante. La maison du chef du village, par son corps de garde, se dresse majestueusement avec des représentations spécifiques dont le drapeau national devient aujourd’hui l’expression principale.

Ceci dit, chaque lieu de l’espace traditionnel est structuré par des considérations mythologiques singulières, qui font que les divers lieux ne sont jamais équivalents encore moins interchangeables. « Chaque lieu a sa modalité propre et sa valeur », de sorte que, « la construction de leur ville et son découpage en quartiers n’est rien d’autre que la projection spatiale de leur vision totémique globale » (Cassirer, op. cit., p. 110 & p. 113). C’est un espace d’habitation « anisotrope » et « inhomogène ». En l’occurrence, chez les fangs selon Bernardin Minko Mvé, l’espace habité (dzah), celui du village précisément, était le lieu des multiples relations « entre consanguins, alliés et surtout les esprits » (Minko Mve, 2003, 101). Qualitativement orienté et disposé, sa structuration permettait de distinguer des espaces consacrés aux jeux de ceux réservés aux dépotoirs, tombes, rassemblements divers et « également d’autres espaces avec lesquels on avait des relations fortes » (op. cit., p. 106). En fait, l’espace traditionnel des sociétés fangs « n’était pas une donnée naturelle et socialement neutre » (ibidem, p. 106). Visant le bonheur et la joie de l’expérience d’habiter, « c’était un espace ordonné et humanisé fait par l’homme pour l’homme » (ibidem, p. 106).

Cette spatialisation ou organisation poétique, sans être qu’une spécificité fang, se trouve présente dans les autres communautés. Chez les punu et les autres communautés gabonaises, le milieu d’habitation n’était pas reparti et habité sans présupposé symbolique. Dans l’écoumène (A. Berque, 2001), les liens entre l’homme et son milieu d’habitation étaient symboliquement soutenus ; le contenu symbolique et l’expérience concrète du monde s’enlaçaient et s’enjambaient, « le naturel et le surnaturel » étaient fortement imbriqués. On y construisait en suivant qu’en respectant régulièrement l’espace public, celui de la rue par exemple. La disposition respective des habitations favorisait des entre-deux, c’est-à-dire des lieux de passage dont souffrent les villes gabonaises où des pistes sont archaïquement créées entre les habitations.

La conscience symbolique, sans être naïve et innocente, représente pour les sociétés traditionnelles le lieu d’interprétation et de l’inscription spatiale. Adhérant au monde, elle exprime poétiquement des rapports de l’homme au milieu d’habitation. Elle schématise esthétiquement l’espace concrète d’habitation. Ainsi, l’être de l’espace habité, « l’enracinement dans un paysage, son aménagement se déduisent », non de la simple matérialité du monde, encore moins de considérations relatives à une géométrie rationnelle, mais plutôt « des énergies affectives et des dispositions symboliques de ses occupants ». (J.-J. Wunenburger, 1982, 17). Ceci dit, la spatialité maternée et fécondée par la conscience mythologique n’est donc pas caractéristique de l’expérience moderne, laquelle fondamentalement rationnelle, ouvre à des esthétiques environnementales tout aussi rationnellement inédites.


1.2. Rationalité moderne et l’esthétique environnementale
La rationalité moderne ouverte par R. Descartes (1953, 150) détermine pour l’expérience d’habiter, une spatialité distincte de celle dite mythologique. Elle définit une spatialité mathématique, donc rationnellement quantifiée, calculée, orientée et déterminée qui consiste en la conquête et la maîtrise rationnelles de la substance étendue. C’est pourquoi, selon J.-J. Wunenburger (1982, 15), le « paysage cartésien n’est approprié qu’à travers l’ordre du quantitatif, de l’ « extension » au détriment de l’ordre qualitatif qui seul constitue vraiment un « topos » ». C’est un espace alors défait de toute considération poético-affective. Dans Essais et Conférences, M. Heidegger décrivait aussi de façon typique l’espace cartésien, en montrant qu’il est un milieu dépoétisé en ce qu’il est rationnellement « rendu libre », aménagé et rentré dans des limites, qu’il « ne contient ni espaces ni places […] nous ne trouveront jamais en lui des lieux, c’est-à-dire des choses du genre du pont », mais seulement des nombres-mesures, c’est-à-dire des dimensions « universellement applicables à tout ce qui est étendu » (2008, 183 & 185-186).

Finalement, l’espace ainsi délimité et orienté est symptomatique de l’espace cadastral, qui répond à la géométrisation des milieux de vie et d’habitation. Son être repose, journellement, sur des bâtiments divers qu’il reçoit en suivant des normes cadastrales. Habiter cet espace, indique M. Heidegger (op. cit., p. 185), c’est essentiellement entrer dans des intervalles techno-scientifiquement aménagés : « on découvre toujours l’espace comme intervalle, […] comme pure étendue » mathématiquement déterminée. Les dimensions métriques de l’étendue matérielle sont donc pour déterminer des emplacements en vue d’y installer des bâtiments et autres infrastructures nécessaires à l’expérience de l’habiter. Elles sont, chez R. Descartes (op. cit., p. 150), l’œuvre des géomètres, c’est-à-dire, des divers technocrates et professionnels intervenant dans « l’organisation spatiale des établissements humains. » (F. Choay, 2010, 797). Dans L’urbanisme c’est notre affaire !, Thierry Paquot décrit les horizons de cette vision technocratique qui consiste aussi bien à définir qu’à gérer le destin de l’espace habité, précisément celui de la ville. En l’occurrence, il note que l’urbanisme en tant que philosophie du fait urbain, « questionne le « devenir-urbain-de-l’être-et-du-monde » », il porte sur les politiques « de la ville, de l’habitat, des modes de vie urbains, des choix en matières de transports et de distractions, d’équipements et de nature, etc. ». (2010, 12 & 17).

L’urbanisme représente alors une activité technocratique profonde et plurielle pour signifier l’expérience de la citadinité. Il engendre des environnements habités topophiles. L’esthétique spatiale qu’il dégage, adossée sur le rationalisme hérité de Descartes et l’implication des urbanités telles les aménageurs, paysagistes, géographes-topographes, designers et bien d’autres, n’est pas déterminée et établie de manière définitive. Au contraire, indique M. Poète (2000, 82-83), elle se renouvelle et s’adapte dynamiquement au devenir mutant et polymorphe de l’être de l’espace urbain, pour toujours sauvegarder l’expérience « d’une esthétique partagée à l’égard de l’environnement » (N. Blanc, 2012, 5). L’environnement urbain moderne procède d’une pensée active, se proposant de déterminer et de créer des espaces « construits qui procurent une satisfaction de type esthétique » (ibidem).

Associant savoirs, réflexivité et communication entre experts qu’avec les citadins, cette esthétique environnementale, suivant N. Blanc, porte avec responsabilité la fabrication du destin d’un espace d’habitation signifié et traversé « de part en part par des dimensions du social et de la culture ; elle promeut notamment l’empathie, la reconnaissance d’une relation entre un environnement et » (idem, p. 53-54) un sentiment de plaisir rationnellement construit, cependant partagé avec autrui. La relation à autrui ouvre également à l’éthique de protection et de reproduction d’un milieu collectif de vie dans lequel le sujet se sent bien, s’y plait. L’ambiance urbaine des villes occidentales et la dimension esthétique qui les accompagnent repose sur une véritable « science des villes » (Poète, op. cit., p. 82).

A ce niveau, il paraît nécessaire de se demander si les espaces urbains africains, ceux du Gabon en particulier, s’adossent-ils à une telle science. Est-ce que l’être de l’espace librevillois ou port-gentillais témoigne d’une construction réfléchie et esthétisante ? A-t-on intégré et intègre-t-on dans le devenir de ces deux espaces de vie gabonais, pour reprendre J. Olive et N. Blanc (2007, 7), « les enjeux humains propres à toute organisation écosystémique » nécessaires à la production anthropologique des milieux de vie qui tissent les fils d’une habitabilité ? Pourquoi les modes et la qualité de vie dans ces milieux d’habitation restent toujours sujets à caution ? Disons vite, que l’expérience d’habiter ces milieux urbains reste spécifique, elle côtoie de loin celles des villes occidentales vers lesquelles et pourtant elle se tourne.

Même imitant, leur morphologie esthétique renonce originairement à l’application, quoiqu’embryonnaire, de la pensée rationnelle, mettant alors à l’épreuve leur administration, leur gestion ainsi que les horizons d’un développement heureux du monde urbain. Si ces espaces sont caractéristiques des premiers espaces urbains gabonais, alors au Gabon, les villes sont en général confrontées aux réels problèmes d’organisation et d’harmonisation esthétiques. Non exemptes des réalités du disfonctionnement des villes africaines, Libreville et Port-Gentil restent par leur faible niveau d’urbanisation épinglées par C. Jamati qui, ne niant pas fondamentalement des efforts d’urbanisation des espaces urbains africains, affirme cependant que ceux-ci demeurent significativement élémentaires : « l’Afrique est actuellement le continent où le niveau d’urbanisation est le plus faible » (2009, 9). Mais quels constats spécifiques se dégagent-ils à l’observation des faits relatifs à la citadinité à Libreville et à Port-Gentil ?


2. L’espace urbain au Gabon entre archaïsme et modernité

2.1. La crise urbaine à Libreville et Port-Gentil
La citadinité au Gabon, à Libreville et Port-Gentil, est une réalité. Les mœurs et les modes de vie qu’on y rencontre ne sont pas ceux de la campagne ni du village. L’occupation spatiale dans ces cités paraît quelque peu se distinguer de celle de la campagne, cependant des similarités existent et infléchissent cette démarcation. Illustrant l’urbanisation massive des villes africaines par l’augmentation de leur démographie, P. Gras dénonce non seulement la réduction de l’Afrique aux diverses crises, mais également affirme que ses milieux urbains connaissent des mutations profondes positives (2009, 18-19). Il semble minimiser une urbanisation encore confrontée aux problèmes multiples, notamment l’organisation des villes, la qualité de l’habitat, l’insécurité foncière et sociale qui concerne toutes les franges de la population urbaine. Ces problèmes non marginaux sont actuels, ils n’interpellent pas un regard consciencieux littéralement futuriste.

A Libreville, l’organisation de la ville reste remarquablement caractérisée par le bicéphalisme et l’occupation spontanée et désordonnée de l’espace. La ville présente en général à chaque endroit un visage guère apprivoisé par les règles de l’urbanisme moderne. Clivé et ségrégué, l’écoumène librevillois est un désordre et un scandale architectural au sens où, se juxtaposent sans normes des quartiers sous-intégrés et des quartiers huppés, c’est-à-dire quelque peu intégrés à la modernité urbaine. L’opulence architecturale ne résout que l’image d’un façadisme urbain dont l’urbanisation reste profondément problématique.

Les quartiers sous-intégrés, c’est-à-dire les bidonvilles dont la métaphore localement consacrée est les matitis, sont non seulement marqués par une occupation spontanée et anarchique de l’espace, mais aussi construits sur des zones abruptes et impropres avec des matériaux de récupération. Les quartiers comme La baie-des cochons (Derrière l’hôpital), Steffo, la Sorbonne, Nkembo, Cocotiers, Boulevard, Sotega, les Pk, Rio, Akebé, les belles-vues, Kinguelé, plein-ciel, etc., constituent presque l’image générale de cette ville et présentent « un habitat précaire et combien sensible aux risques d’érosion » et des maladies diverses (F. Allogho Nkoghe, 2013, 15). La qualité du bâti, les processus de spatialisation archaïques, rudimentaires et dangereux, les quartiers sous-intégrés ne sont pas à Libreville, selon J-B. Mambani (2013, 198 & 200-202), des lieux d’habitation que des miséreux, mais ceux d’une mixité socioprofessionnelle avec des disparités habitantes où maisons en contre-plaqués, en planches ou en dure se jouxtent. Les plus démunis, les cadres moyens et parfois supérieurs colonisent ensemble de manière désordonnée des espaces vacants et marécageux en dehors des normes réglementaires d’urbanisation.

A l’opposé de ces quartiers bidonvillisés où les conditions urbaines d’habitation sonnent faux, coexistent des quartiers huppés marqués par une opulence architecturale. Là vivent les plus prospères ou ceux ayant le plus souvent fait clairement fortune dans la gestion des affaires publiques. La sablière, Akanda, le haut et bas de Guégué, les Trois quartiers avec ses matitis derrière l’opulence architecturale, sont caractéristiques des quartiers des colons à l’époque coloniale. A propos de ces quartiers d’hommes « fortunés » présentant un « paysage moderne », P. Gervais-Lambony écrit : « le décor des quartiers riches est très conventionnel, il réunit des signes de puissance et de richesse, il impose au citadin pauvre une forme de respect mêlé d’incrédulité : comment a-t-on osé créer un tel paysage si artificiel et plein d’assurance » face à l’ensemble de l’espace urbain (1994, 43-44) ?

Ici la mixité sociale est rare, sinon n’est pas aussi fondamentale que dans les matitis. Dans ces quartiers, la dimension tropicalisée de l’expérience de la cité ne réside pas tant dans la qualité du bâti, mais plutôt dans l’homme intérieur dont la marque est portée par l’image générale de l’espace librevillois. L’homme intérieur qui n’a d’équivalence, si on s’en tient à la psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung, que celui qui est à l’œuvre dans la sémiologie spatiale des quartiers sous-intégrés (2008, 62-64). C’est pourquoi on peut se demander, si la modernité urbaine, et par conséquent l’urbanisation, se résument-elles à l’opulence architecturale. Suffit-il de construire des villas modernes pour conférer à un espace d’habitation, un quartier, de statut conforme à la modernité urbaine ? Ville littorale à l’instar de Libreville, Port-Gentil, capitale économique du Gabon, ne présente pas aussi un espace urbain reluisant, réellement distinct de celui de Libreville, capitale politique.

La ville de Port-Gentil reste également marquée par une dysharmonie spatiale, car l’espace urbain est, comme à Libreville, ségrégué. Les quartiers comme Fort de l’eau, Matiti, Salsa, Bac-aviation ou Derrière la SEEG de bac aviation, s’opposent par leur habitation et niveau d’urbanisation aux quartiers « huppés » tels Boulevard Ondimba ou Route de l’aéroport, qui semblent quelque peu viabilisés et par conséquent, « reluisants ». Les quartiers sous-intégrés, au regard des zones d’opulence architecturale, sont aussi marqués par des disparités sociales et des modes d’occupation élémentaires et archaïques. D’où l’existence des espaces de vie où les modes d’habitation sonnent faux. S’il est affirmé et reconnu que Port-Gentil, capital économique, est une ville « cadastralement » bien orientée, son espace reste cependant caractéristique des milieux urbains africains où « sans doute, la plupart de ces centres urbains ne correspondent pas à l’image que l’on se fait habituellement de la ville » (R. Pourtier, 1979, 120).

Les voiries urbaines sont à Libreville et Port-Gentil exigües, souvent défoncées et irrégulièrement entretenues compliquant ainsi la fluidité de la circulation. Elles sont encore rendues difficiles d’accès par le développement des petits commerces sur le bas-côté, qui viennent étouffer et annihiler les efforts des pouvoirs publics à traduire concrètement leur politique de la ville. Des animaux errants, des deux roues interférant avec des camions s’arrêtant et stationnant où ils peuvent, conjugués avec « le formidable engorgement automobile », confinent à la thrombose. Ces villes semblent être parvenues « aux limites de leurs conditions de viabilité » (F. Bart 2010, 168 & 170).

Si la qualité esthétique ou anesthétique de l’espace est symptomatique du sujet, donc traduit une certaine relation aux milieux de vie, alors celle de Libreville et Port-Gentil est représentative du sujet gabonais. Elle est significative des archétypes intérieurs et des modalités de son être-au-monde. Celui-ci défie de façon persistante la volonté de l’Etat à vouloir définir des villes à vivre. Considérant l’appropriation et l’accaparement démesurés des espaces au mépris de lois de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, l’agression de l’espace public par des constructions défiant les normes cadastrales, l’organisation disharmonieuse et l’occupation archaïque de l’espace bravant toute modernité urbaine, les villes gabonaises ici considérées sont représentatives des modèles de spatialité auxquels souscrivent les convulsions de l’imaginaire du sujet gabonais. Elles témoignent la manière dont il conçoit, se représente et culturalise l’espace. Car « l’état de ville n’est pas un fait du hasard, […]. Artificielle, elle est le foyer géométrique d’ensembles culturels discriminants, dont l’organisation possède un sens naturellement compris par ceux qui y vivent » (M. Pétuaud-Létang, 2010, 43).

M. Merleau-Ponty (2008, 316 & 335) liant la qualité esthétique de l’espace habité à l’inhérence subjective au monde, ne montre-t-il pas que l’espace vécu ou habité est engendré par des relations interactives du sujet avec son milieu, qu’il est, dit-il, coexistant au sujet, à sa fixation et à ses relations poético-affectives avec le monde. Il est modelé de façon vivante par les considérations intimes du sujet. J-J. Wunenburger exprime davantage cette dialectique de l’homme au monde, en indiquant que les milieux de vie et d’habitation sont correspondants aux représentations du sujet, à sa perception, bref à sa psyché : « la nature n’est rien d’autre qu’une représentation du sujet, qu’une construction de l’homme, et que les conditions de perception d’un paysage, de notre adhésion au monde résident moins dans les lois intrinsèques des phénomènes et de configurations naturelles que dans les profondeurs de notre « psyché ». Autrement dit, le plaisir ou le déplaisir, l’intimité ou l’agressivité qui accompagnent la relation de l’homme à ses « lieux » relèvent moins de causes objectives que de conditionnements subjectifs, et les visages de la terre ne sont rien d’autre peut-être que des visages de l’âme » (1982, 14).

Cependant, cette spatialité urbaine gabonaise qui se situe et balance entre archaïsme et modernité ne peut-elle pas être davantage portée à l’idéal esthétique réel des villes modernes ?


2.2. Pour une esthétique moderne de l’environnement urbain gabonais
La modernité des villes n’est pas le résultat d’une construction hasardeuse et spontanée. Son être est porté par une véritable dynamique des sciences de l’espace, qui pose les conditions d’habitabilité de l’espace selon l’exigence d’un certain bien-être mutant avec le temps. Le bonheur d’habiter l’espace urbain, indique M. Poète (op. cit., p. 82-83), ne relève pas que de l’expérience du passé, il doit être préservé et poursuivi suivant le devenir de la ville. Il doit couvrir de bien-être l’expérience subjective dans l’écoulement continu du temps. Dans « Attractivité et politiques d’attractivité », F. Cusin et J. Damon montrent que la ville n’est pas un espace de vie et d’habitation quelconque, elle est un choix qui suppose des modes de vie et d’habitation qualitativement bienfaisants. Satisfaisant, la ville est un milieu où les habitants doivent s’estimer et s’y attacher à cause de son attrait. S’y sentant et s’y attachant, ceux-ci peuvent par exemple « souhaiter voir leurs enfants ou petits-enfants vivre dans la ville qu’ils habitent » (2011, 120).

Tenir cadastralement compte de l’homme dans l’expérience urbaine, c’est alors prétendre à l’élaboration techno-scientifique d’un milieu de vie capable d’accueillir avec bienveillance la présence humaine, et partant, d’imposer un type de cadre de vie et d’habitation que les habitants doivent s’approprier et assumer. Lorsque la modernité atteignait les milieux ruraux gabonais, les villageois, sans être nettoyés de leurs considérations symboliques touchant la relation au monde, n’en ont pas été fondamentalement réfractaires. Ils ont érigé et construit leurs habitations en suivant et en respectant le domaine public, notamment la route. Construit de façon perpendiculaire à la route comme signe d’acceptation ou volonté de suivre et de s’arrimer aux réalités modernes, l’espace rural n’a pas tourné le dos à la modernité. La route publique, élément essentiel pour les habitants et espace possible de commerce et de communication, « était toujours ouvert à tous les regards, les maisons y avaient leur ouverture principale et rien de ce qui s’y passait n’était caché à l’ensemble de la communauté » (Minko Mve, op. cit., p. 107).

Par contre, l’expérience urbaine gabonaise s’est construite et se construit en abandonnant les codes endogènes d’habitation qui sous-tendaient des rapports qualitatifs au monde dans les sociétés traditionnelles. Elle se trouve errante entre une modernité à laquelle elle soupire dont elle a du mal à imiter les figures urbanistiques, et par conséquent à être le reflet, et un style endogène qu’elle a rejeté qui, et pourtant, lui aurait signifié que l’installation au monde n’est pas un processus quelconque vide de toute contenu symbolique qualitativement significative. En Asie, en l’occurrence en Chine ou au Japon, l’occupation moderne de l’espace ne s’est pas construite en révoquant définitivement dans les tiroirs du passé les enseignements et/ou représentations d’autrefois.

La géomancie chinoise traditionnelle, le fengshui c’est-à-dire le savoir-faire ou l’art d’habiter la terre, reste un élément de base essentiel dans l’occupation et l’organisation spatiales. Suivant F. Obringer (2001, 6-7.), elle reste « en effet solidaires de ces autres disciplines traditionnelles », à savoir la divination, la physiognomonie, la médecine, l’urbanisme, l’architecture ou l’art des jardins, qui sont « dévolues à la place de l’homme entre le ciel et la terre, dans l’espace et dans le temps. » Le fengshui n’est pas une vieillerie sans fondement actualisable, les spécialistes de l’art du fengshui « furent –et sont encore aujourd’hui […] consultés pour choisir l’emplacement d’une tombe ou pour déterminer l’agencement le plus favorable d’un milieu d’habitation » (Obringer, op. cit., p. 8).

Alors, dans l’optique de réenchanter l’expérience moderne gabonaise d’habiter les mondes urbains et donc de les rendre soutenables, le regard tourné vers ce qui a été, c’est-à-dire, selon M. Tibon-Cornillot, « vers des situations plus anciennes […] où les hommes savaient encore vivre ensemble » (2008, 196) et habiter qualitativement la terre, l’expérience traditionnelle d’habiter et d’organiser l’espace peut servir d’espace des réponses, pour édifier au Gabon, des milieux modernes d’habitation qualitatifs respectueux des exigences de l’image moderne des villes et des identités nationales. La modernité des habitations ne consiste pas de manière irrévocablement nécessaire, qu’en l’usage que des matériaux uniquement modernes. L’usage des moyens modernes alternés avec des matériaux locaux comme la brique de terre cuite ou non, le bois, peuvent participer, comme le fait Diebedo Francis Kéré au Burkina-Faso, à l’essor des styles d’habitation d’avenir dignes d’esthétiser les villes africaines. Si celui-ci élabore une architecture adaptée aux enjeux de développement de nos villes, c’est qu’il n’est pas un anti-moderne, encore moins, un réfractaire à ce qui se faisait et se fait dans les environnements endogènes de l’Afrique contemporaine.

Aussi, une ville moderne est un espace technocratiquement orienté et administré, elle se construit contre l’immonde. Elle s’établit, selon C. Younès (2012, 171), contre « des catégories anthropologiques duelles qui menacent » et choquent l’habiter moderne gabonais, à savoir « ordre et désordre, beauté et laideur, vrai et faux, bien et mal, vivable et invivable ». L’espace de la ville moderne doit être déployé, à reprendre M. Heidegger (2008, 180-186), de manière rationnellement coordonnée en créant poétiquement des emplacements et des limites pour que des constructions diverses soient établies, des trajets et des directions pour favoriser la circulation des personnes et des biens.

L’agencement technocratique de l’espace habité, procédant également des déterminations mathématiques esthétisant le milieu de vie, montre que l’espace urbain d’habitation est un milieu esthétiquement et symboliquement ordonné, harmonisé et rythmé. Il induit un concept de la citadinité en équation avec des systèmes symboliques d’où l’urbain formule ses énoncés modernes. L’idée d’urbanisation des villes en Afrique, sans la confondre avec celle de leur modernisation au sens occidental à l’aune de laquelle l’on essaie ici d’apprécier leur statut actuel, était originairement présente dans l’expérience précoloniale, en l’occurrence en Afrique traditionnelle. En Egypte, de notoriété historique, s’était développée une civilisation urbaine avec une remarquable orientation mathématique de l’espace illustrée par l’arpentage et la construction des pyramides, civilisation qui, également, s’est diffusée et a influencé diversement le monde : « bien que relativement lente et timide à adopter des innovations techniques révélées de l’extérieur, l’Egypte a vu naître très tôt l’urbanisme ; c’est d’Egypte, le long de la vallée du Nil, qu’ont glissé les modèles urbains. La zone de transition fut la Nubie, aire de contact et de diffusion majeure à partir de la haute Egypte et de la première cataracte (Assouan), par le Nil Bleu vers l’Ethiopie et la mer Rouge, par les plaines du Kordofan et du Darfour jusqu’à la cuvette tchadienne et, de là, vers le bassin du Niger… et l’Atlantique » (C. Coquery-Vidrovitch, 1993, 51).

Avec une organisation spécifique et une affiliation souvent singulière au pouvoir religieux, Agadès, Ifé, Ibadan, Yoruba, Kumasi, Ségou, Djenné, Abomey, Zanzibar, Tombouctou et bien d’autres, furent en Afrique des grands centres urbains avec une topographie singulièrement établie. Dans ce sens, selon J.-M. Ela (op. cit., p. 9), en Afrique en général, celle dite noire en particulier, « le phénomène urbain est d’abord lié à la vitalité des sociétés pré-coloniales. Les villes existent en Afrique avant la conquête. Les Noirs ont connu dans le passé des cités prestigieuses des grands empires dont le souvenir a été conservé grâce aux récits des voyageurs et des géographes arabes ».

Touchant la mathématisation de l’espace d’habitation, R. Descartes annonçait à l’ouverture de la modernité, que la construction d’une ville doit bannir dans son processus, toute occupation spatiale quelconque, donc spontanée et anarchique de l’espace (op. cit., p. 133). Une ville, n’étant pas un milieu élaboré par une imagination fantaisiste et insouciante ouvrant à l’expérience topophobe, doit offrir un accueil bienfaisant à l’expérience humaine d’habiter.

La rénovation des villes africaines n’est également pas un projet tous azimuts de reconstruction de l’espace. Elle se planifie suivant en cela un redéploiement et un réaménagement esthétisant progressifs du milieu de vie, en tenant en effet compte des besoins humains fondamentaux relatifs à l’expérience d’habiter. C’est d’ailleurs pourquoi R. Descartes, anticipant cette préoccupation, précise qu’il ne s’agit pas de jeter « par terre toutes les maisons d’une ville pour le seul dessein de les refaire d’autre façon, et d’en rendre les rues plus belles » (op. cit., p. 134 & p. 140), mais d’abattre plusieurs en faisant si possible, « provision des matériaux et d’architectes » pour les rebâtir. Il faut, dans cette reconfiguration de l’espace urbain, ajoute-t-il, « en avoir soigneusement tracé le dessin, […] s’être pourvu de quelque autre (logement) où l’on puisse être logé commodément pendant le temps qu’on y travaillera » (ibidem). L’idée de création nouvelle des villes impose donc dans le processus de réaménagement, la construction des habitations momentanées cependant soutenues et durables pour abriter les populations déguerpies. Tel est, suivant la philosophie de Descartes, l’horizon qui peut sous-tendre la rénovation esthétisante des villes gabonaises, notamment Libreville et Port-Gentil, pour prétendre à une expérience moderne d’habiter soutenable et symboliquement signifiée.


La ville ou cité n’est pas un espace quelconque d’habitation. Elle nécessite pour être moderne, des exigences singulières pour répondre esthétiquement à la modernité. Elle suppose que dans ses politiques de développement esthétisant, « l’action publique s’appuie sur l’expertise scientifique pour administrer les rapports sociétés/nature et améliorer leur gestion », dans la prise en compte constante des relations sensibles d’attachement au milieu de vie (J. Lolive, N. Blanc, op. cit., p. 11).

Lorsque l’expérience urbaine d’habitation devient anthropologiquement gangrenée par des modes d’occupation et de construction archaïques, donc contradictoires avec la modernité, elle sonne faux et la ville devient en conséquence repoussante puisqu’elle inspire à la topophobie. La citadinité moderne n’a pas été maîtrisée au Gabon. Elle fait écho au rejet des considérations traditionnelles pour lesquelles,–les hommes avaient et pourtant bâti des milieux d’habitation qualitativement orientés et propres qui inspirent toujours la nostalgie. La citadinité des villes gabonaises est perdue et suspendue entre un modernisme qu’elle veut imiter en ignorant les exigences et un univers traditionnel consciemment oublié et abandonné qui, pourtant, lui aurait fourni des leçons pour la construction des milieux de vie topophiles.

Quoiqu’il en soit, les villes gabonaises, Libreville et Port-Gentil notamment, n’ont pas atteint un chaos dont la rénovation reste à jamais inespérée. Bien au contraire, par la volonté d’une action publique consciente et raisonnée, Libreville et Port-Gentil peuvent encore se hisser au niveau des standards d’une esthétique urbaine moderne. La ville ancienne n’est pas systématiquement à ensevelir, elle doit, dans ce qu’elle peut avoir d’effectivement réussi, être rationnellement intégrée pour participer à l’image nouvelle de la ville rénovée.


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Pour citer cet article :
Cyrille Mickala, « Conscience symbolique de l’espace et modernité de l’habiter au Gabon. Réflexion autour du devenir esthétique de l’environnement urbain (Libreville et Port-Gentil) », Revue Oudjat en Ligne, numéro 1, volume 1, janvier 2018.

ISBN : 978-2-912603-96-8.


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