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L’Etat face à la Nation.
Etude comparative des fragilités et des insuffisances politico-juridiques des Etats espagnol et gabonais

Mexcin Ebane, Ecole Normale Supérieure, Gabon


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L’Etat-nation gabonais contemporain montre de caractéristiques multiples qui l’expose à un éclatement. Dans le contexte actuel, s’interroger sur ces caractéristiques est un sujet tout aussi tabou qu’il est devenu inéluctable d’en débattre. Car, ce sujet et les causes qui l’engendrent amènent clairement à ne plus l’éviter. Face aux revendications sociales quasi-quotidiennes, et de plus en plus radicales observées ces dernières années, Guy Christian Mavioga affirme : « Les grèves au Gabon ne sont pas en règle générale fondées. Elles sont manipulées, orientées et provoquées par des politiques qui utilisent les syndicats parce qu’ils n’ont pas l’amour du pays » [1]. Or, l’Etat gabonais relativise ces questions, voire, les pense non justifiées.

Et, faute d’analyses objectives réalisées par les spécialistes des réalités nationales gabonaises qui évitent de s’y attacher de peur d’être taxés de tribalistes, ou pour toute autre raison, le problème national gabonais se trouve par conséquent absent du monde scientifique, des débats télévisés, des animations culturelles. Il est substitué par d’autres questions, non de moindre importance certes, mais aux effets corrosifs mineurs sur l’Etat-nation gabonais en gestation depuis l’obtention de son indépendance en 1960.

Ce Gabon s’assimile à l’Espagne du XIXe siècle. Avec une centralisation du pouvoir, la construction de cet Etat-nation dont les bases reposent sur la Constitution du 19 mars 1812, a conduit à la marginalisation du prolétariat et des régions, entités pourvues d’identités et de réalités historiques et socioéconomiques incontestables et distinctes de celles construites par l’Etat-nation espagnole. Le non-respect de cette diversité a conduit par conséquent à la fin de ce XIXe siècle en Espagne, et au Gabon de 2017, à une crise de légitimité de l’Etat doublée d’une crise de développement de ces Etats-nations. Elle favorisa et favorise ainsi la dynamisation de la vivacité des identités régionales qui, de façon particulière en Espagne avec les cas basque et catalan, sont très virulentes aujourd’hui, et menacent son identité et son intégrité nationales.

Quelles sont les insuffisances et les anomalies de la construction de ces Etats-nations qui ont occasionné la crise de légitimité de l’Etat, la radicalisation des revendications sociales, la marginalisation des régions ainsi que la redynamisation de leurs particularités culturelles ? Comment la fragilité et les anomalies de la construction de l’Etat-nation espagnol au XIXe siècle peuvent-elles instruire le Gabon afin d’éviter à cet Etat d’avoir en héritage une identité et une intégrité nationales problématiques et similaires à celles qui fragilisent l’Espagne actuelle ?
Le processus de construction de l’Etat-nation espagnol a fait face à plusieurs obstacles qui ont jeté le discrédit sur l’Etat, polarisé la société à travers un bras de fer permanent entre le prolétariat et l’oligarchie, et occasionné la conversion des identités régionales en nationalismes, en l’occurrence le catalanisme. A la fin du XIXe siècle, celui-ci revendiquait déjà l’autodétermination de la Catalogne. En 1978, cette région a acquis son autonomie. Et aujourd’hui, elle revendique son indépendance. Pour le Gabon qui vit actuellement presque les mêmes insuffisances dans la construction de son Etat-nation et qui ne souffre encore d’aucune revendication identitaire régionale, se comparer à l’Espagne et tirer des leçons de son histoire peut se révéler d’un grand apport dans la réorientation de sa politique de construction nationale afin de sauvegarder et consolider son identité nationale et éviter ainsi l’émergence du séparatisme qui pourrait en menacer l’intégrité.

Au regard des multiples disciplines qu’englobe l’analyse de ce thème, une approche pluridisciplinaire se révèle indispensable pour le mener à terme. Elle sera à la fois comparative, historique, politique, anthropologique et socioéconomique. Au sujet de la méthode comparative, Giovani Sartori (1999, 36) souligne que pour déterminer si les pommes et les poires ou les autruches sont comparables, il faut les avoir comparées au préalable. Nous ne pourrons les déclarer « incomparables » que si à un moment nous les avons comparées. C’est dire que dans le cas de l’Espagne et du Gabon, au lieu de se demander qu’est-ce qui est comparable entre les deux Etats, il serait mieux de dire dans quel sens on peut les comparer et sur quels aspects l’Espagne et le Gabon peuvent être comparés ? A partir de là, on se préoccupera d’abord de définir le concept d’Etat-nation. Puis, notre approche méthodologique usera d’un ensemble des faits historiques et des situations décrites afin de l’ancrer dans la base des rapports socio-historiques produits par les Etats comparés. Cela permettra la reconstruction de la dialectique des forces, tensions et rapports socio-historiques derrière l’ordre emboîté des faits, tout en relevant les orientations politiques et culturelles dans lesquelles on noue l’existence des deux Etats-nations.


1. Approche définitionnelle des concepts
L’Espagne et Gabon, après leur indépendance respectivement en 1814 et en 1960, eurent pour préoccupation de s’ériger en Etats-nations. Pour mieux appréhender le concept d’Etat-nation, Guy Hermet et al. (2011, 112) soulignent que la notion d’Etat a une connotation juridique et institutionnelle renvoyant aussi à un territoire bien délimité par des frontières. C’est un appareil de pouvoir qui existe indépendamment de ceux qui le gouvernent. Quant à la notion de Nation, elle peut avoir un sens historico-culturel, comme le défend Anthony Smith (1986), ou un sens juridico-politique sur lequel reposera surtout notre analyse. Ainsi, la Nation désigne-t-elle l’ensemble des citoyens pourvus des mêmes droits et égaux devant la loi sans distinction de classe ou d’origine. Ernest Gellner (1989, 11) estime que chaque Etat doit avoir une nation et vice-versa. De plus, la société industrielle repose sur la nation dans son sens juridico-politique qui légitime la centralisation du pouvoir chargé d’assurer la liberté et la sécurité individuelle des citoyens, de construire les infrastructures, de réajuster les disparités socioéconomiques interrégionales et favoriser un développement harmonieux de l’ensemble du territoire. Ainsi, s’écarter des règles qui régissent le fonctionnement de cet Etat-nation est donc une anomalie ; et sa fragilité reposerait sur l’absence de mise en place des éléments contribuant à sa construction et à sa consolidation.

La nation n’est donc pas une réalité naturellement évidente. Il incombe à l’Etat de la construire et de la consolider en assurant non seulement l’homogénéisation culturelle de sa population autour d’une culture commune, mais aussi le réajustement socioéconomique sur toute l’étendue du territoire national. En considérant alors la nation comme construction de l’Etat comme cela fut le cas de l’Espagne et du Gabon, se référer à l’analyse de Gellner sur la congruence entre l’Etat et la Nation est indispensable pour mieux comprendre les insuffisances et les anomalies dans la construction de l’Etat-nation.


2. De l’Espagne du XIXe siècle au Gabon indépendant : insuffisances et anomalies dans la construction des Etats-nations

2.1. Faible nationalisation de la population
Les protagonistes de la rupture avec l’Ancien Régime en Espagne, tout comme la colonisation du Gabon, jetèrent les fondements de leurs systèmes politiques dans leurs dispositions constitutionnelles. En Espagne, dans les quatre premiers articles, la Constitution de 1812 définit la nation espagnole comme étant l’ensemble de tous les Espagnols libres et indépendants, dépositaires exclusifs de la souveraineté nationale, chargés de rédiger leur Constitution et de protéger les droits légitimes de tous les Espagnols. Quant à la Constitution du Gabon de 1960, elle affirme dans son article 2 que le Gabon est une République indivisible, démocratique et sociale qui assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion. Son principe est : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Ces Constitutions symbolisent d’abord un facteur de généralisation du sentiment national et du développement d’une conscience collective de tous les Espagnols et de tous les Gabonais. Ensuite, elles reflètent une force symbolique de l’émancipation de ces peuples dans leur diversité et dans leur identité comme nations souveraines. De plus, elles garantissent les droits des citoyens, jettent les bases de leurs nouvelles organisations sociales, et définissent les compétences des différents organes de l’Etat ainsi que les relations entre-elles en leur donnant la possibilité de se contrôler mutuellement. Enfin, elles déterminent l’organisation unitaire et centralisée de l’Etat. En somme, ces lois fondamentales posent les fondements de la construction des Etats espagnol et gabonais et le processus de nationalisation de leurs peuples.

Cependant, pour que ces fondements et ces nouvelles identités nationales soient acceptés et gravés définitivement dans la mémoire de tous, l’Etat ayant le devoir de nationaliser, la population, afin d’avoir l’adhésion volontaire des peuples à son idéal tel que le recommande Ernest Gellner, doit inventer la tradition, assurer l’homogénéisation culturelle de la population autour de cette culture inventée, et l’intégrer dans la vie politique, économique et sociale nationale. Cela implique l’alphabétisation, l’information et la formation à travers un système éducatif public, gratuit, et accessible à l’ensemble de la population.

Mais, En Espagne, l’Etat était économiquement ruiné à cause des dettes publiques provoquées par des guerres à la fin du XVIIIe siècle et qui s’échelonnèrent sur le siècle suivant. Supporter les frais du plan éducatif dans ce contexte étant difficile, l’Etat décréta que les municipalités et les députations provinciales se chargeraient elles-mêmes de construire leurs infrastructures scolaires et d’éduquer la population. Mais, dépourvues de moyens par les désamortissements, elles ne le purent pas. Finalement, privatisé, l’enseignement primaire, secondaire et supérieur devint le patrimoine de l’Eglise. Cette attitude démissionnaire de l’Etat face à ses responsabilités circonscrivit l’instruction à la bourgeoisie. Par conséquent, elle affaiblit le taux d’alphabétisation de la population dans la mesure où, n’étant pas nanti, le prolétariat ne pouvait supporter financièrement la scolarisation de ses enfants. En effet, dans le cas de l’Andalousie, Leandro Álvarez Rey et Encarnación Lemus López affirment que « Selon les données fournies par Espigado Tocino, toutes les capitales et provinces andalouses se trouvaient en 1877 en dessous de la moyenne nationale, exceptée Cadix »(1998, 204) [2] .

Si le prolétariat ne pouvait acquérir les compétences lui donnant accès au monde du travail, au lieu d’instaurer un système égalitaire entre tous les citoyens comme le recommandait la Constitution de Cadix, l’éducation consolidait plutôt les barrières entres les différentes classes sociales. Par conséquent, la politique éducative de l’Espagne libérale non seulement paupérisait de plus en plus les prolétaires ainsi que leur descendance, mais en plus, elle les condamnait à demeurer analphabètes et exclus du monde du travail, ne favorisant pas non plus l’apprentissage de la nouvelle culture et la diffusion du sentiment national. Dans ces conditions, son intégration et adaptation à la société libérale ainsi que son adhésion à la nouvelle identité en construction étaient improbables. Cette exclusion engendra le repli identitaire des régions qui maintinrent leurs identités traditionnelles et consolidèrent leurs valeurs.

En comparaison à l’Espagne, au Gabon, la construction et la consolidation du sentiment identitaire commun à tous ne nécessita pas autant d’effort malgré la vivacité des identités traditionnelles et la loyauté des Gabonais pour elles. En effet, ce fut le fait d’avoir un ennemi commun qui était le colon français, et de souffrir des mêmes injustices durant la colonisation qui engendra et consolida le sentiment d’union nationale, mais aussi celui d’avoir le même passé, d’avoir une communauté de destin entre les 52 groupes ethnolinguistiques qui constituaient cet Etat. En outre, l’imposition, dans le contexte de la colonisation de la langue française comme langue officielle et administrative, a continué de serrer les liens entre les Gabonais de cultures différentes et consolider à la fois le sentiment de l’identité collective en gestation. Contrairement à l’Espagne, l’enseignement public généralisé fut très intégrateur et rompit au maximum les barrières entre les classes sociales. En effet, dans le Gabon des premières décennies après l’indépendance, la gratuité de l’enseignement, son accès à tous, et la possibilité qu’avaient tous les Gabonais d’accéder à n’importe quel poste de travail après leurs études contribuèrent largement à la formation du sentiment national.

Ainsi, le début du processus de nationalisation des Gabonais avait été un succès dans la mesure où la majeure partie d’entre eux accepta le système étatique proposé, s’identifia à ses principes politiques, à ses institutions, à ses symboles tels que le drapeau, l’hymne, la fête nationale, etc., et à son unité linguistique. Ils furent tous conscients de participer activement à un projet collectif de construction d’un futur commun et meilleur et se sentaient non seulement unis les uns aux autres, mais aussi impliqués dans les actions et intérêts nationaux.

Cependant, si la nationalisation politique a réussi au Gabon à son début, la nationalisation culturelle quant à elle a été très insuffisante, voire inexistante, comme le nota en 1963 Léon Mba son premier président : « Il faut inculquer au Gabon la notion de Nation qui n’existe pas encore ». C’est dire que l’invention de la tradition qui devait supplanter les identités périphériques et sa diffusion pour la construction et la consolidation de l’identité culturelle collective fut inexistante dès l’origine de la nation gabonaise. Il faut souligner au passage que ce constat reste d’actualité. De ce fait, en dépit de leur adhésion au nouvel Etat-nation en construction au sortir de l’indépendance à cause des avantages suffisamment appréciables que l’Etat lui offrait, la majeure partie des Gabonais n’abandonna pas ses anciennes cultures, ses valeurs, ses habitudes et ses langues.


2.2. Centralisation du pouvoir et discordance entre les aspirations du peuple et les actions de l’Etat
La construction de l’Etat-nation en Espagne comme au Gabon s’articula autour d’un Etat centralisé. Sa conception en Espagne est éclairée par Manuel Colmeiro y Penido : « La centralisation administrative est la conservation dans le pouvoir exécutif de toutes les forces nécessaires pour diriger les intérêts communs de façon uniforme » (1850, 186). Ce point de vue obéissait clairement à la volonté d’intégrer toute la population espagnole et toutes les régions dans la construction du grand projet de l’Etat espagnol. Cette même centralisation du pouvoir fut imposée au Gabon en 1968, à travers l’instauration du monopartisme non seulement comme expression de l’unification de cet Etat, mais aussi comme concentration du pouvoir entre les mains du président Albert Bernard Bongo. Celui-ci, dans l’un de ses discours de 1970, déclara que toute action et toute décision dans l’administration publique doit avoir son approbation avant d’être entreprise (1972, p. 31).

La centralisation du pouvoir en Espagne et au Gabon, à partir de là, avait des visions et des objectifs différents même si les retombées dans la société étaient identiques. En effet, non seulement elle préconisait de soumettre l’ensemble des régions à la volonté de Madrid et de Libreville, mais également, loin des intérêts nationaux et des réalisations de l’Etat qu’elle devait accomplir, elle se limita à consolider le pouvoir de l’oligarchie qui, dans sa politique, marginalisa le reste de la population et paupérisa les régions. En d’autres termes, avec cette centralisation et concentration du pouvoir, la présence et l’effectivité de l’Etat furent rares dans le fonctionnement de l’économie, du monde du travail, des prestations sociales, de la construction des infrastructures, et du réajustement de l’équilibre socioéconomique au niveau national. Subséquemment à cela, pour la majorité, l’Espagne n’était ni Etat ni nation. Au Gabon, seulement pour l’oligarchie, l’Etat était constitué. Pour la majorité, ce pays forme une nation ; et pour la minorité gouvernante, un Etat.

Cette absence d’affirmation de l’Etat détériora irrémédiablement les conditions de travail des citoyens. En Andalousie par exemple, Manuel Tuñón de Lara (2000, 286), citant Anselmo Lorenzo, affirme que l’administration constituée essentiellement de latifundistes, imposait depuis des siècles des lois au prolétariat dont l’asphyxiante pauvreté le réduisait pratiquement à mendier le travail et à accepter les conditions de travail semblables à celles des esclavagistes. De ce fait, en Andalousie en particulier et en Espagne en général, cet esclavagisme des citoyens par leur Etat maintenait en silence une ambiance conflictuelle et explosive qui causa une fracture sociale opposant, durant le XIXe siècle, la bourgeoisie au prolétariat.

Au Gabon, le constat sur l’existence d’un Etat-nation faiblement socialisé est identique. En effet, le rapport McKinsey souligne que :

  • 30% des foyers gabonais soit environ 95 000 sont considérés comme économiquement faibles car ayant des revenus inférieurs à 80 000 FCFA/mois.
  • le nombre de personnes en situation de pauvreté est sensiblement supérieur en milieu urbain (55%) par rapport au milieu rural (45%), mais le taux de pauvreté est plus élevé en milieu rural, avec 45% de Foyers Economiquement Faibles (FEF), qu’en milieu urbain (20% de FEF).
  • la situation des FEF est aggravée par un accès limité aux services sociaux et publics de base (notamment santé et accès à l’eau et à l’électricité). 60% des départements sont en décrochage sur ces services (2013, 9).

Ainsi, de façon générale, la population gabonaise vit dans des conditions difficiles.20 ans auparavant, Pierre Péan tirait déjà la sonnette d’alarme en soulignant qu’« Au Gabon, dans les villages, les Gabonais vivent à peu près comme à l’époque de l’arrivée du docteur Schweitzer » (1983, 93). Mais, le Rapport McKinsey affirme que cette précarité n’est pas exclusive aux villages. En effet, même dans Libreville, les bidonvilles couvrent des km² et les citoyens pauvres y vivent sans eau potable et sans électricité, sans routes, et meurent dans des hôpitaux publics dépourvus de médicaments et de plateaux techniques. A cause de l’absence aigue de nouvelles structures d’accueil, les établissements primaires sont convertis en lycées et collèges, occasionnant ainsi des effectifs pléthoriques aussi bien au primaire qu’au secondaire. Les conditions de travail des agents publics comme des agents privés se détériorent au quotidien et le taux de chômage est en constante augmentation.

Où sont donc passés les budgets affectés chaque année par l’Etat aux différents ministères et Agences pour endiguer ce mal ? Dans le cas de l’Education nationale, Mays Mouissi (2015) révèle que sur les 20.177.367.640 Fcfa consacrés à la construction de 60 lycées et internats ainsi que leurs équipements inscrits dans la loi de finance de 2013, 14.000.000.000 Fcfa avait été affecté à l’Agence Nationale des Grands Travaux (ANGT) dirigée par la présidence de la République. Mais quatre ans après l’exécution intégrale du budget de 2013, aucune infrastructure n’est encore sortie de terre.

Les enquêtes menées pour savoir où sont partis ces fonds publics peuvent-elles être objectives dans un système où les institutions légales qui doivent réguler et sanctionner correctement les actions du gouvernement, restaurer et consolider la confiance des citoyens sur l’Etat sont partisanes ? En effet, rappelons qu’Ali Bongo est le chef de l’Exécutif, la présidente de la Cours Constitutionnelle est Marie Madeleine Mborantsuo, « belle-mère de Bongo » affirme Georges Mpaga (2017), membre de la société civile gabonaise. Depuis des décennies, le Parti Démocratique Gabonais, parti-Etat, a une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale.

Dans ce contexte favorable aux détournements de deniers publics massifs, l’oligarchie, sans aucune crainte, substitue ses carnets de chèques à ceux de l’Etat. En effet, entre autres dépenses, outre les 65.555.000.000 Fcfa dépensés par l’Etat gabonais pour l’achat à Paris de l’Hôtel Pozzo Di Borgo dont Ali Bongo est le propriétaire selon Magali Serre (2013), Sébastian Lafargue (2015) révèle que, de janvier 2008 à septembre 2009, Pascaline Bongo, Directeur de Cabinet du Président, avait effectué plus de 280 vols en jets privés pour des destinations généralement touristiques. Avec un montant vertigineux de 87.000.000 $, les factures éditées au nom de Pascaline Bongo sont envoyées à une seule adresse officielle : la Présidence de la République du Gabon.

Ce déphasage entre les aspirations des dirigeants et les nécessités de la population se confirme avec le gouffre abyssal creusé par les 500 000 000 Fcfa de salaire mensuel que perçoit un ministre, cas de Magloire Ngambia, ancien ministre de l’Economie, qui sont plus de 6 250 fois supérieurs au revenu mensuel inférieur à 80 000 Fcfa perçu par 30% de foyers gabonais selon le rapport Mckinsey. Et si tel est le salaire mensuel d’un ministre, combien perçoit le président de la République ? Si les fonds publics sont ainsi utilisés pour la satisfaction des besoins privés de la famille Bongo ainsi que ceux de l’ensemble de la classe gouvernante, nul besoin de s’interroger sur les raisons de l’absence des réalisations sociales de l’Etat et sur le manque de financement des projets de développement pouvant contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Mais malgré ces travers politiques et les mécontentements de la population, le système de parti-Etat, grâce à la répression, a maintenu une certaine stabilité de l’Etat gabonais. En Espagne en revanche, ce ne fut qu’après la Restauration en 1875 que l’Etat connut sa période de stabilité. Un de ses piliers fut l’instauration du système politique de tour qui consistait à mener une alternance continuelle au pouvoir entre le parti conservateur d’Antonio Cánova et le parti libéral de Práxedes Mateo Sagasta ; excluant et empêchant ainsi l’enracinement et l’accès au pouvoir de toute autre formation politique. Les caciques constituaient le pilier de ce bipartisme. Riches, les latifundistes qui avaient fait leur fortune durant les désamortissements, jouissaient de leur fonction d’intermédiaire entre le gouvernement et le prolétariat pour procurer du travail, promouvoir socialement et économiquement leurs amis loyaux, et pour exercer par la même occasion des pressions et des menaces sur ceux qui n’accomplissaient pas leur volonté. De ce fait, il suffisait de quelques indications du gouvernement pour qu’ils conditionnassent l’orientation du vote.

Ainsi, au Gabon comme en Espagne, les résultats des politiques de construction des Etats-nations ont jeté le discrédit sur ces derniers. En effet, si le Pouvoir et les Institutions ne se conforment pas aux dispositions de la Constitution, et s’il y a un déphasage entre les actions de l’Etat et les attentes de la population, la conséquence ne peut être autre que l’indignation du citoyen, de la région, l’absence de croyance à un Etat intégrateur et national, le repli sur soi, et la recherche de solutions et d’identités alternatives à celles que l’Etat propose. Le citoyen et les régions se désolidarisent du projet commun dont ils sont censés être le socle et ne croient plus à cet Etat qui, pour eux, constitue une entrave à leur épanouissement. S’installent alors la radicalisation des revendications et l’orientation vers des mouvements anarchistes et séparatistes.


3. Discrédit généralisé des Etats-nations et radicalisation des mouvements de revendication
L’incapacité des Etats-nations espagnol et gabonais à construire des projets collectifs nationaux dans lesquels Espagnols et Gabonais se sentiraient impliqués finit par les discréditer. Subséquemment à cela, émergent des tensions sociales et politiques qui défient en permanence les pouvoirs en place. Cette situation avait atteint son paroxysme en 1898 et en 2017 avec des soulèvements de plus en plus radicaux qui secouèrent les deux Etats. De leur côté, l’Etat et le patronat engagèrent des mercenaires et ordonnèrent également aux forces de l’ordre de réprimer avec violence les mouvements insurrectionnels. Le résultat, catastrophique, radicalisa davantage les conflits.

En effet, au Gabon, l’élection présidentielle de 2016 avait été entachée d’une rare violence dans la nuit du mercredi 31 août au jeudi 1er septembre au QG de Jean Ping, candidat de l’opposition qui revendiquait la victoire depuis quelques jours. Joint sur RFI, ce dernier affirma : « Aux environs d’une heure du matin, la QG a été bombardé par hélicoptère et attaqué au sol par des troupes de la garde républicaine, de la police et des mercenaires. Deux personnes sont mortes et plusieurs autres blessées ». Alain Claude Bilié by Nze, porte-parole du gouvernement, joint à son tour, estima que cette attaque avait été dirigée contre « les criminels » qui avaient incendié l’Assemblée Nationale quelques heures avant. Mais l’exécution de ces individus ne mit pour autant pas un terme aux soulèvements de cette population revendiquant la reconnaissance de ses droits. Car, casser le thermomètre ne fait pas baisser la température.

Au lieu de faire une introspection et résoudre le problème national une fois pour toute en appliquant les principes de la démocratie afin d’acquérir l’adhésion du peuple dans le projet de construction de la nation, l’Etat a plutôt procédé à l’enrôlement dans la police et la gendarmerie pour dorénavant étouffer le plus rapidement possible et avec plus de rigueur toute revendication. Cette configuration du panorama sociopolitique fut la même dans l’Espagne de la fin du XIXe siècle. Dans ce sens Antonio Domínguez Ortiz affirme que la crise générale durant cette période radicalisa la lutte des classes avec d’une part, le prolétariat qui, détrompé des partis traditionnels, espérait trouver son salut dans l’anarchisme (2013, 145). D’autre part, une oligarchie conservatrice qui trouvait en l’enrôlement l’unique solution aux grèves, aux incendies des récoltes, et au vol des fruits durant ces moments de famine.

Les soulèvements radicaux que connurent l’Espagne du XIXe siècle et le Gabon depuis la conférence nationale de 1990 furent généralisés, intensifiés, et causés par le refus de respecter le droit et d’intégrer la population et les provinces dans le projet politique de la construction nationale. Si au Gabon existe une oligarchie nationale qui ne manifeste aucun intérêt pour la cohésion nationale et la construction de l’identité collective, en Espagne, il manquait plutôt une bourgeoisie nationale avec un projet de construction nationale. On y trouvait par contre des bourgeoisies régionales n’ayant aucun lien entre-elles, et aux intérêts divergents. Leur exclusion du projet de construction de l’Etat-nation, la dissolution des singularités de leurs régions dans ledit projet, et les insuffisances de la politique de construction nationale menée les conduisirent à se replier sur elles-mêmes, à revendiquer et revaloriser leurs cultures régionales. Devenues à la longue des identités alternatives à celle de l’Etat, elles furent converties en nationalismes dont le but ultime fut l’obtention de leur autodétermination. Le XIXe siècle légua de ce fait au XXe une identité nationale espagnole problématique dont les séquelles, au XXIe siècle, font plus que jamais vivre le tourment à l’Etat espagnol.

En effet, dans le cas de la Catalogne qui aujourd’hui revendique son indépendance, le catalanisme défendait un ensemble d’idées politiques qui allaient du traditionalisme au républicanisme progressiste. Il définissait l’Espagne comme Etat et la Catalogne comme nation en vertu de sa singularité linguistique et historique. Eu égard aux insuffisances et aux anomalies dans la construction de l’Etat-nation espagnole, l’identité catalane se construisit en opposition à celle de Madrid que les catalanistes qualifiaient d’oppressive et responsable de la stagnation économique de leur région. Au départ, les catalanistes n’étaient pas séparatistes. Ils militaient pour une autonomie politique en même temps qu’ils demandaient aux autorités espagnoles de protéger leurs industries régionales contre les investisseurs étrangers. En 1978, ils obtinrent l’autonomie sur la base d’une Constitution dont l’application restait favorable au pouvoir central qui fait toujours irruption dans les compétences de la Catalogne. Malgré la consolidation de son Statut d’Autonomie en 2006, aujourd’hui, elle revendique une indépendance qui met l’Etat espagnol au bord de l’implosion et lui fait clairement comprendre les conséquences à long terme de sa politique de construction de l’Etat-nation commencée depuis le XIXe siècle.

Comme en Espagne durant la première moitié du XIXe siècle, au Gabon, malgré la radicalisation des soulèvements, la marginalisation des provinces, et la violence de l’Etat vis-à-vis de la population, aussi bien sur le plan national qu’international, personne ne remet encore en cause l’identité nationale gabonaise et encore moins son organisation politico-administrative. Mais le XXe siècle espagnol reçut quand-même du XIXe siècle une identité nationale problématique. Tel n’en est pas encore le cas au Gabon qui peut s’appuyer sur le cas de l’Espagne pour donner une orientation nouvelle à sa politique de construction de l’Etat-nation.


4. Construction de l’Etat-nation gabonais : comment éviter l’acheminement vers l’Etat-nation problématique de l’Espagne d’aujourd’hui ?
« La construction de la Nation gabonaise fut le combat des Pères fondateurs qui ont su, à partir d’une mosaïque de peuples et de traditions, bâtir les fondements de notre vivre-ensemble et de notre cohésion ». Cette déclaration du président Ali Bongo Ondimba durant son discours à la nation du 16 août 2015 exprime clairement sa satisfaction face la construction de l’Etat-nation commencée et bien accomplie par les premiers gouvernants. Cela, en dépit de l’affirmation de Léon Mba relative à l’inexistence de la Nation gabonaise et de la nécessité de la construire. Par la même occasion et de façon explicite, il nie l’existence de la crise identitaire, institutionnelle et sociale que traverse l’Etat-nation gabonais depuis des décennies et qui s’est davantage accentuée depuis 2009, année de son accession au pouvoir.

Le désamour des Gabonais pour le système en place ne laisse plus de doute. L’état des faits impose le renouvellement et l’assainissement de l’alliance entre les représentants du peuple et le peuple lui-même, entre le pouvoir central et les provinces, s’ils veulent continuer à avoir un même horizon, afin d’éviter des fissures dans l’identité nationale gabonaise. Fissures qui pourraient l’amener à court, à moyen ou à long termes, vers l’identité nationale problématique qui, depuis la fin du XIXe siècle, a introduit l’Espagne dans un tourment dont chaque décennie qui passe la rapproche de plus en plus de l’implosion.

En effet, si les insuffisances du processus de construction nationale en Espagne ont amené plusieurs régions espagnoles, à l’instar de la Catalogne et du Pays basque, à concevoir leurs identités en dehors de la nation espagnole, jusqu’à ce jour, les Gabonais dans leur ensemble vivent intimement leur amour pour la nation gabonaise. Mais si les gouvernants pensent qu’il est inutile de continuer à enseigner la nation à la population parce que cette dernière la vit au quotidien, ils commettent une erreur monumentale. Car, la nation en tant que principe de cohésion de l’Etat est une âme qui vit, et de ce fait, a besoin d’être nourrie au quotidien.

De plus, la pluri culturalité du Gabon, reconnue dans la Constitution dans l’alinéa 9 de son article 2, est une évidence et non une revendication ethnique. Alors, au lieu de chercher à taire cette richesse culturelle à laquelle tiennent les Gabonais au profit d’une identité nationale dont la promotion reste inexistante, l’Etat devrait plutôt exploiter la reconnaissance des symboles et l’identification que se font les Gabonais à travers ces derniers et les promouvoir en même temps que sa pluri culturalité dont l’intégration dans la construction nationale reste inexistante à ce jour. Car, cette ambivalence constitue l’essence même de l’identité nationale gabonaise.

Contrairement aux symboles de l’Espagne tels que la fête nationale, l’hymne, le drapeau qui, jusqu’à présent, ne font pas l’unanimité en Espagne, ceux du Gabon bénéficient d’une reconnaissance unanime de la population. Partant sur cette base, l’Etat devrait les promouvoir pour consolider le fondement de son identité nationale et renforcer l’unité de sa population pluriethnique. Ainsi, chaque Gabonais se sentira intimement détenteur d’une identité doublement fondée sur les symboles de la nation et de l’Etat unificateur, sur les identités ethniques.

Comment donc consolider l’identité nationale en construction à travers la promotion des cultures et des symboles nationaux ? Ernest Gellner rappelle que la scolarisation de masse, la gratuité des cours, et le réajustement socioéconomique interrégional sont la clé de la construction de cette identité collective. Mais en démantelant le système éducatif public au profit des établissements privés qui ne sont accessibles à toutes les bourses, en marginalisant la population et les provinces, l’Etat gabonais, comme le fit l’Etat espagnole au XIXe siècle, contribue à l’effondrement des valeurs nationales, fragilise son identité et ouvre des portes pouvant le conduire au drame espagnol d’aujourd’hui.

Pour sa part, Joaquín Costa souligne le caractère fondamental du respect de la loi pour réussir la construction d’un Etat-nation. En effet, après analyse de la crise qui secoua l’Espagne à la fin du XIXe, il en déduit que : « Elle nous enseigne d’abord que le problème de la liberté, le problème de la réforme politique […] est un problème constitutionnel, de changement de la façon de gouverner […]. Elle nous enseigne ensuite que, tant que […] nous encourageons le système actuel, il nous sera inutile de respecter la loi en cherchant en elle la garantie ou la défense du droit. En se fiant au triomphe de la raison des procédures plutôt traditionnelles propres à des régimes personnels et oligarchiques et non à celles de la loi, nous abandonnons volontairement le droit objet de toute contention. C’est pourquoi nous perdons beaucoup d’énergie et n’avons pas la paix morale » (2012, 5-6).

Ces observations, quoique réalisées dans la société espagnole de la fin du XIXe siècle, cadrent parfaitement avec les réalités politiques et socioéconomiques du Gabon actuel. Elles identifient fondamentalement l’origine de la crise de la construction de l’Etat-nation gabonais dans l’absence d’une application impartiale de ses Codes et de sa Constitution. En effet, la crise de cet Etat-nation vient du rejet de cette application impartiale du droit, la négation de la souveraineté de la nation, la corruption, la conversion du Gabon en un patrimoine oligarchique conduisant à la corruption juridique dans laquelle la justice, malgré son indépendance théorique, ne fait que se soumettre à ses intérêts particuliers en refusant de dire le droit. C’est dire que l’Espagne qui vit aujourd’hui un tourment identitaire recommande au Gabon de respecter la séparation et l’indépendance des pouvoirs Exécutif, Législatif, et Judiciaire comme principe de sortie de la crise qui le se secoue actuellement. Ce principe l’amènera à bénéficier de nouveau de l’adhésion de tous ses citoyens au projet de construction de l’Etat-nation.


En Espagne, l’émancipation politique et la revendication indépendantiste catalane mettent en évidence le profond malaise de l’identité nationale espagnole. Il en est de même pour le Gabon qui, depuis plusieurs années, vit une crise généralisée, qui s’est particulièrement aggravée en 2017. Les crises que vivent ces deux Etats ne sont pas dues à des phénomènes isolés, mais à la conjonction de quatre processus fondamentaux dont l’ensemble constitue le socle de l’Etat-nation. Il s’agit d’abord de la centralisation politico-administrative. Ensuite, du déséquilibre relatif au processus de développement socioéconomique et culturel des différentes régions de l’Etat-nation durant les XIXe et XXe siècles (pour l’Espagne) et le XXIe siècle (pour le Gabon). Puis le discrédit populaire des systèmes politico-administratifs constitués sur la base de la prédominance de l’exclusion ainsi que l’appropriation des richesses nationales par l’oligarchie. Enfin, la faible nationalisation des masses qui induit une faible conscience collective.

En analysant ces quatre processus, nous nous rendons compte que dans l’Espagne du XIXe siècle et dans le Gabon actuel, il y a beaucoup plus une volonté centralisatrice du pouvoir qu’une nationalisation de la population. Les régions sont considérées comme de simples agrégats aux fins d’élargissement des fondations de l’Etat. En conséquence, les citoyens sont pris pour de simples habitants. Il s’ensuit un effondrement de l’identité nationale et du sentiment d’appartenance à l’Etat. L’Espagne actuelle en pâtit profondément. Mais tel n’est pas encore le cas au Gabon dont cette Espagne devrait servir au façonnage d’une nouvelle orientation politique de la construction nationale. L’exemple espagnol préconise l’érection, au Gabon, d’une politique intégratrice et l’application impartiale de la loi si le pays souhaite ne pas voir, tôt ou tard, le processus de construction nationale aboutir à un résultat identique à celui de l’Espagne contemporaine.


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Pour citer cet article :
Mexcin Ebane, « L’Etat face à la Nation. Etude comparative des fragilités et des insuffisances politico-juridiques des Etats espagnol et gabonais », Revue Oudjat en Ligne, numéro 1, volume 2, janvier 2018.

ISBN : 978-2-912603-96-8.


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Notes :

[1Babylas Boton, 14 juin 2016, Le Talk, entretien avec Guy Christian Mavioga, Président du Bloc Démocratique Chrétien et Porte-parole du Président de la République, Africa 24.

[2La citation originelle est en espagnol, sa traduction ainsi que toutes celles qui suivront sont de l’auteur de cet article.

 

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