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Revue électronique de publications scientifiques sur l'Afrique

 


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Autour de quelques réflexions diopiennes.
De l’initiation des penseurs hellènes aux savoirs pharaoniques

Vaïdjiké Dieudonné, & Yambaye Esaïe, Université de N’Djaména, Tchad


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L’Égypte pharaonique, considéré à tort ou à raison comme berceau des arts, techniques et sciences, a en un temps donné fait l’objet de diverses études extraordinaires. Le professeur Ch. A. Diop en restera la figure de proue. Les réflexions de ce savant sénégalais avaient entre autres montré l’apport important de l’Égypte ancienne dans la formation des intellectuels et autres scientifiques grecs. Bref, l’Égypte, pour le Professeur, a ouvert le monde grec au savoir universel. C’est ce rôle civilisateur de l’Égypte que nous voulons aborder dans cette étude mais à la lumière des travaux de Ch. A. Diop, originaire du Sénégal, initiateur de la première historiographie africaine ; des travaux qui ont introduit une nouvelle orientation dans les recherches sur l’Afrique. Les Grecs devaient-ils en réalité toutes leurs connaissances à l’Égypte ? Étaient-ils devenus célèbres grâce aux enseignements reçus des prêtres égyptiens ? Les réponses à ces questions sont clairement données dans ces ouvrages de Ch. A. Diop : Nations nègres et cultures, Antériorité des civilisations nègres et Civilisation ou barbarie, pour ne citer que ceux-là, qui mettent en évidence l’apport de l’Égypte à la civilisation en général. Il a soutenu, par des arguments dignes de ce nom, que la Grèce est redevable à l’Égypte dans les domaines des sciences et de la philosophie. Le miracle grec n’est-il pas mis en mal par ces révélations issues des réflexions de Ch. A. Diop ? Autrement dit, la pensée diopienne n’a-t-elle pas rendu désuète la considération de la Grèce comme véritable berceau de la rationalité pure ?

Aux yeux de Ch. A. Diop, on ne peut cacher une telle vérité historique et nier l’initiation des jeunes peuples méditerranéens dans les temples égyptiens, restés pendant toute l’Antiquité des lieux classiques où ils ont été pour s’abreuver aux sources des connaissances, les plus anciennes que les hommes aient acquises (Ch. A. Diop, 1979, p. 49). L’auteur a abordé dans ses ouvrages la liste de ces jeunes pionniers de la science et de la civilisation grecque qui ont séjourné en Égypte, à la recherche des nouvelles sciences, d’esprit scientifique, de rationalité s’élevant au rang de critère de vérité. Et les érudits grecs, entre autres, philosophes, mathématiciens, astronomes, médecins et sculpteurs comprenaient comme une chance inouïe leurs séjours auprès des prêtres égyptiens, possédant une notion blanchie par le temps, pour se mettre sur le chemin de la science et de la sagesse. En effet, les multiples voyages des penseurs grecs en Égypte ont amené Diop a la considérée comme le point essentiel, le point de rayonnement de toutes ses interrogations, de toute sa quête historique. Selon lui, tout provient de la Vallée du Nil et tout revient à elle, comme à un référentiel incontournable, soutenait Th. Obenga (1996, p. 112), l’un de ses héritiers et continuateurs de sa pensée.


1. Autour de la paternité problématique des sciences de l’Égypte pharaonique
Les Occidentaux ont divisé l’Afrique en zone blanche et noire, en zone civilisée et archaïque, d’une part, et, d’autre part, les individus situés dans la perspective de l’évolutionnisme social ont tenté de justifier la supériorité d’une société congénitale de la race blanche sur la race noire. Aussi ont-ils soutenu que la race blanche n’était pas seulement supérieure, mais aussi antérieure aux autres, et elle s’est inscrite sur le sol des continents avant les autres races.

Ces falsificateurs de l’histoire, dont G. W. F. Hegel, ont présenté une Afrique, en particulier sub-saharienne, incapable de réfléchir, de raisonner. Selon eux, c’est l’Occident qui dispose de telles potentialités créative et innovante. L’Afrique proprement dite, c’est-à-dire sub-saharienne, au contraire, est la partie qui n’est pas intéressante du point de vue de son histoire. Dans cette partie de l’Afrique, l’homme est dans un état de barbarie et de sauvagerie et cela l’empêche de faire partie intégrante de la Civilisation. Cependant, l’Afrique du Nord, donc la partie septentrionale de l’Afrique, a un autre caractère à cause de sa relation avec les Européens (G. W. F. Hegel, 1955, pp. 246-247).

En effet, les Européocentristes ont démontré que les populations de l’Afrique sub-saharienne n’ont jamais été responsables d’une réalisation valable, scientifique. Ils prétendaient qu’elles étaient inintelligentes. En revanche, les populations de l’Afrique du Nord appartenaient aux territoires destinés à devenir les centres de civilisations. L’enseignement qu’ont donné les prêtres égyptiens à tous ceux qui ont été à la recherche des nouvelles sciences en Égypte, l’un des pays de l’Afrique du Nord, corrobore cette hypothèse. Dès lors, tout porte à croire que l’Afrique, à travers l’Égypte pharaonique, a joué un rôle civilisateur important. Elle a été plusieurs siècles le réservoir des connaissances où ont été s’abreuver les penseurs grecs. « Elle restera pendant toute l’Antiquité la terre classique où les peuples méditerranéens viendront en pèlerinage pour s’abreuver aux sources des connaissances scientifiques, morales, sociales etc., les plus anciennes que les hommes aient acquises » (Ch. A. Diop, 1979, p. 49).

G. W. F. Hegel (1945, p. 199), à l’instar de S. Sauneron, Pythagore, Platon et Aristote, a reconnu cette liberté d’esprit de l’Égypte qui a incontestablement contribué au développement de la science et de la culture occidentales. Et le monde grec a reçu cet esprit égyptien. Il en découle que les Égyptiens, comme les Éthiopiens, ont créé et porté à un degré de développement tous les éléments de la civilisation. Les Anciens comme la plupart des penseurs helléniques se sont accordés sur ce point. Les conditions matérielles dans lesquelles le hasard de la géographie a placé ces derniers dès l’origine des temps les ont conduits à inventer les sciences pour que l’homme s’adapte dans son environnement (Ch. A. Diop, 1979, p. 395). Ces sciences ont été reprises et développées par les autres peuples, en particulier ceux qui étaient plongés dans la sauvagerie ou la barbarie, ou ceux qui se croyaient supérieurs aux autres ; nous voulons dire les Occidentaux.

De ce constat, il apparait distinctement que le Noir a été capable de susciter la technique, à une époque où toutes les races blanches, plongées dans la barbarie, étaient tout juste aptes à la civilisation.

« En disant que ce sont les ancêtres des Nègres, qui vivent aujourd’hui principalement en Afrique Noire, qui ont inventé les premiers les mathématiques, l’astronomie, le calendrier, les sciences en général, les arts, la religion, l’agriculture, l’organisation sociale, la médecine, l’écriture, les techniques, l’architecture, que ce sont eux qui, les premiers, élevé des édifices de 6 000 000 de tonnes de pierre (Grande Pyramide) en tant qu’architectes et ingénieurs – et non seulement en tant qu’ouvriers ; que ce sont eux qui ont construit l’immense Temple de Karnack, cette forêt de colonnes, avec sa célèbre salle hypo-style où entrerait Notre-Dame avec ses tours ; que ce sont eux qui ont sculpté les premières statues colossales (Colosses de Memnon, etc.), en disant tout cela, on ne dit que la modeste et stricte vérité, que personne, à l’heure actuelle, ne peut réfuter par des arguments dignes de ce nom » (Ch. A. Diop, 1979, p. 400).

Cet apport de l’Égypte à la civilisation n’a pas pu passer sous silence. Il a été vulgarisé par les bénéficiaires eux-mêmes. Des textes en témoignent nettement. Ils démontrent que l’Égypte pharaonique, à la différence du reste du monde orientale, avait contribué à la célébrité des penseurs grecs en posant les jalons des sciences et de la philosophie. Elle a donc été l’inspiratrice de la Grèce en sciences, formatrice de ses penseurs et de leur qualification. En d’autres termes, « sans l’Égypte, l’esprit ne serait pas rentré lui-même en Grèce, pour triompher des facteurs particuliers et ainsi se libérer, puisque l’esprit qui guide la marche de l’histoire du monde est venu en Grèce par l’esprit égyptien même » (Th. Obenga, 1996, p. 128). Cette phrase concise sous-entend que c’est l’esprit égyptien qui a fondé l’esprit grec, qui a introduit le monde grec dans le monde universel.

L’apport de l’Égypte à la civilisation a été mis en relief dans le chapitre consacré à la science sacrée des Égyptiens par S. Sauneron (1998, pp. 129-192). À en croire Ch. A. Diop, ce chapitre semble intéressant par les sources utilisées qui sont à peu près similaires à celles qui ont servi dans Nations nègres et culture, et elles conduisent à cette vérité historique incontestable selon lui : l’Égypte est le berceau de toute science et de toute sagesse. S. Sauneron (1998, p. 129) avait déjà amené à comprendre que les textes grecs anciens ne contestent pas cette même vérité. C’est à juste titre qu’il a écrit que « les philosophes hellènes ont franchi la mer pour chercher, auprès des prêtres, l’initiation à de nouvelles sciences ».

Or l’historiographie occidentale a qualifié les voyages d’études des savants grecs de simples présupposés, de légendes fabriquées a postériori par la tradition grecque elle-même. C’est ainsi qu’on a parlé de mirage égyptien, pour crier au miracle grec, miroir de l’âme occidentale pour parler comme Th. Obenga. En fait, pour l’historiographie occidentale, le lien entre l’esprit égyptien et l’esprit grec n’est qu’une illusion ; puisqu’elle a sous-estimé les sources égyptiennes, donc africaines, des sciences et de la philosophie. Beaucoup d’auteurs ont critiqué cette thèse, qui ignore l’apport de l’Afrique à la civilisation et cherche à démontrer l’idée d’une Grèce en tant que véritable berceau de la rationalité pure. E. Rhode par exemple a objecté cette opinion qu’il croit fausse. À ses yeux, les penseurs grecs n’ont étudié dans leurs écoles ou académies que des dimensions magiques, mystiques, fétichistes, superstitieuses, astrologiques, irrationnelles, religieuses. La philosophie et la religion et parfois même la théologie ont continué à coexister non seulement dans le monde des faits extérieurs, mais jusque dans le monde intellectuel fermé du penseur (E. Rhode, 1952, p. 377). Les Grecs n’ont rationnalisé leur pensée qu’après s’être rendus dans la grande métropole des sciences : l’Égypte pharaonique.

Dans son ouvrage Antériorité des civilisations nègres : Mythe ou vérité historique ?, Ch. A. Diop a commenté le chapitre que S. Sauneron a consacré à la science sacrée dans son livre Les prêtres de l’ancienne Égypte. Il a insisté sur la liste de tous ces pionniers de la science et de la civilisation grecques qui ont été d’abord comme de simples étudiants, puiser leur savoir dans les sources devenues traditionnelles de la Vallée du Nil (Ch. A. Diop, 1993, p. 99). La longue liste de ces disciples des prêtres égyptiens, devenus des savants, fait remonter l’influence de l’Égypte sur la pensée grecque à l’âge mythique où ont vécu les premiers ancêtres hellènes. Avant de se rendre en Égypte, les Grecs n’avaient que des notions imprécises sur les connaissances scientifiques d’ordre astronomique et autres (Ch. A. Diop, 1962, p. 529). Ceux-ci sont devenus adultes d’esprit en suivant les leçons des prêtres égyptiens. Ils ont largement puisé dans les mémoires et ouvrages égyptiens. Comme l’a souligné Diop (1962, p. 529) « l’existence de ces mémoires était un fait si évident que personne n’aurait pensé à les contester ».

De ce qui précède, nous convenons avec Ch. A. Diop que sans les prêtres égyptiens, les disciples grecs resteraient éternellement des enfants. Ils n’en ont échappé que grâce à la pédagogie pharaonique, laquelle a amené le monde grec à posséder l’esprit qui marche dans le monde, comme devait le dire aussi Th. Obenga (1996, p. 128). C’est donc cette vérité que nous retrouvons dans les travaux de celui-ci, qui culminent, dira G. Biyogo (2006 : 173), dans son ouvrage-testament, Civilisation ou barbarie.


2. Attestation de Cheikh Anta Diop de la marque égyptienne de la civilisation dans le monde hellène
Tous les Anciens ont témoigné que les Égyptiens, comme les Éthiopiens, ont indéniablement contribué à la civilisation de l’humanité, principalement du peuple hellène (Ch. A. Diop, 1979, p. 395). Et les autres peuples, qui étaient plongés dans la barbarie, ignoraient toute tradition vraiment antique. L’ouverture de ces peuples à la connaissance a nécessité un séjour auprès des prêtres égyptiens. Ceux-ci ont satisfait leur désir d’apprendre les nouvelles sciences. Les prêtres égyptiens ont aussi démontré à leurs disciples comment l’Égypte a pu conserver sa civilisation, laquelle a fondé celle d’autres peuples.

Il est à noter que les catastrophes permanentes ont bouleversé la surface du Globe, mêlé ou changé les races, détruisant une civilisation pour la remplacer par une autre ; « cette dernière, loin de recueillir l’héritage intellectuel et scientifique de celle qui l’a précédée, se trouve au point de départ, et doit parcourir de nouveau tout le chemin perdu. Mais l’Égypte, par ses caractères géographiques et climatiques, échappe à cette règle générale » (S. Sauneron, 1998, p. 130). Autrement dit, c’est parce que l’Égypte a été épargnée de ces catastrophes qu’elle a pu conserver les plus antiques traditions. Elle a consigné celles-ci par écrit et déposé dans ses temples. Par conséquent, les autres peuples dont les penseurs grecs ne pouvaient trouver des meilleures informations qu’en Égypte. C’est ainsi qu’ils n’ont fait que reprendre et développer les inventions égyptiennes (Ch. A. Diop, 1979, p. 395). Il en est ressorti que les Grecs ont largement emprunté les connaissances pharaoniques.

Comme nous l’avons évoqué ci-haut, beaucoup de Grecs ont fait un voyage chez les prêtres d’Égypte pour bénéficier de leurs enseignements. Ch. A. Diop, en citant Platon et S. Sauneron, est revenu sur le séjour de Solon, qui appartient aux temps historiques, parmi les prêtres de Saïs, et les enquêtes qu’il a entreprises auprès des prêtres égyptiens : « Solon disait que les gens de Saïs l’avaient bien reçu, et qu’en interrogeant sur les antiquités les prêtres les plus savants en ces recherches, il avait constaté que nul, parmi les Grecs, et lui le tout premier, ne savait un traître mot de ces questions... » (Ch. A. Diop, 1962, p. 525). Ce dernier comme ses confrères ont donc été éclairés par les sciences apprises chez les prêtres égyptiens qui les avaient d’abord considérés comme des enfants. Selon ceux-ci, les élèves grecs sont des jeunes d’esprit, ils le sont tous par l’âme car ils n’avaient en elle « aucune vieille opinion transmise depuis l’antiquité de bouche à oreille ni aucun savoir blanchi par le temps » (Platon, 1992, p. 22b). Cette évidence avait aussi inspiré Th. Obenga lorsqu’il a noté, dans La Philosophie Africaine de la période pharaonique 2780-330 avant notre ère, que Solon disait lui-même s’être rendu à Saïs, dans le delta égyptien.

En réalité, ces propos sont ceux empruntés à Platon. Dans le Timée, il avait déjà rapporté que Solon a soutenu que les Égyptiens lui avaient témoigné une grande considération ; « et, racontait-il entre autres, un jour qu’il interrogeait sur les choses du passé les prêtres les plus versés en la matière, il lui apparut que ni lui ni aucun autre Grec ne savait pour ainsi dire presque rien sur la question » (Platon, 1992, pp. 21e-22a). Dès lors, aucune comparaison n’était possible entre les prêtres philosophes d’Égypte et leurs disciples grecs. D’ailleurs, G. Biyogo (2006, p. 132) a présumé que « les Égyptiens raillaient leurs élèves grecs, leur reprochant de ne pas toujours aller au véritable fond des choses ».

En effet, outre l’architecture grecque qui a ses racines en Égypte (par exemple les colonnes proto-doriques) et les monuments gréco-romains (qui ont été des miniatures auprès des monuments égyptiens), d’autres connaissances ont été empruntées à l’Égypte. Des penseurs comme Hérodote ont reçu des prêtres égyptiens des renseignements qui révèlent l’essence mathématique de la Grande Pyramide, dite de Chéops (Ch. A. Diop, 1979, p. 398). Des ouvrages ayant soulevé des contestations ont été consacrés à l’étude de cette pyramide. Sans verser dans un excès de la Pyramidologie, Diop a montré que les astronomes ont relevé une indication de l’année sidérale, de l’année anomalistique, de la précession des équinoxes indiquée pour une période de 6 000 ans, alors que l’astronomie moderne ne les connaît que pour une période de 400 ans. Ensuite, il a souligné que les mathématiciens y ont relevé entre autres la distance moyenne exacte du soleil à la terre, le diamètre polaire terrestre. Selon Ch. A. Diop, ces concordances ne sont pas le produit du hasard. Il a soutenu que de telles connaissances astronomiques et mathématiques n’ont pas totalement disparu en Afrique noire, puisqu’elles ont laissé des traces qui ont été décelées chez les Dogon.

En outre, Ch. A. Diop (1981, p. 301) a démontré que les acquisitions scientifiques antérieures des anciens Égyptiens sont largement impliquées dans les livres d’Archimède intitulés De la sphère et du cylindre, De la mesure du cercle, pour ne citer que ceux-là. Un autre traité d’Archimède intitulé De l’équilibre des plans ou de leur centre de gravité porte sur un problème que les Égyptiens avaient maîtrisé depuis 2600 av. J.-C, époque de la construction des pyramides : l’équilibre du levier. Cela signifie que les Égyptiens avaient fait plusieurs siècles avant les Grecs l’étude mathématique de la pyramide comme du cône. Mais, comme l’a prouvé Diop, Archimède n’a pas cité tous les emprunts auxquels il s’est livré en Égypte. Il est ainsi resté fidèle à une tradition grecque de plagiat, n’ayant pas cité ses sources d’inspiration, qui remontait notamment de Thalès, Pythagore, Platon, Eudoxe, Œnopide et Aristote.

Par ailleurs, Th. Obenga, continuateur de Ch. A. Diop, a relevé l’originalité de la géométrie égyptienne, des millénaires avant les savants grecs. Il est amené à soutenir que la surface de la sphère, le volume d’un tronc de pyramide, la surface du cercle, du rectangle, du triangle, du trapèze et les volumes du cylindre, du parallélépipède et de la sphère étaient parfaitement connus et enseignés dans l’Égypte antique. « Les prêtres égyptiens ont inventé toute cette géométrie sur place, en Égypte même » (Th. Obenga, 1996, p. 130). De plus, il a affirmé que Proclus, en suivant toute la tradition grecque constituée, a situé l’origine de la géométrie en Égypte et que c’est Thalès qui l’a introduite d’Égypte en Grèce. Quelle a été la méthode pédagogique utilisée pour la transmission de ces savoirs ? La méthode d’enseignement est celle-là même qui a été introduite en Grèce. Dans ce cas, il existe un lien logique entre les mathématiques égyptiennes et grecques, a conclu Th. Obenga (1996, p. 301). En d’autres termes, les Égyptiens ont écrit leurs problèmes avec précision et concision avant les Grecs.

Th. Obenga a tiré cette conclusion de son maître physicien, égyptologue et épistémologue africain Ch. A. Diop. Dans son livre Cavillation ou Barbarie, celui-ci a révélé que les Égyptiens avaient un sens aigu de la domination de la nature et du nombre, par la mathématique et ils ont accepté transmettre ce savoir à leurs disciples grecs. Ces derniers profiteront de cette ouverture, bien que souvent complexe, pour puiser énormément dans le domaine des mathématiques : la nature des problèmes, la méthodologie d’exposition, la conception, la pensée mathématique égyptienne (Th. Obenga, 1996, p. 132).

Rappelons que les voyages des Grecs érudits en Égypte ont commencé pendant la dynastie saïte, encouragés par la fondation des Naucratis qui servait de cité d’accueil aux arrivants. Comme nous l’avons dit précédemment, Solon a été l’un des premiers à se rendre dans ce berceau des savoirs et y a puisé quelques-unes de ses idées. Pythagore et Thalès ne semblaient pas avoir résisté non plus à l’envie de découvrir l’état des connaissances de leurs confrères égyptiens et de confronter leurs points de vue (D. Valbelle, 1990, p. 262). La tradition grecque a en effet cité les Grecs qui se sont rendus en Égypte pour s’y instruire sous l’autorité des prêtres de ce pays. À ce sujet, D. Valbelle (1990, p. 264) disait que « ce sont les Grecs eux-mêmes qui se réclament des Égyptiens pour les mathématiques et l’astronomie ».

Aussi convient-il d’ajouter que les Grecs ont aussi emprunté leurs dieux à l’Égypte entre autres Ra, le démiurge (Ch. A. Diop, 1981, p. 389). Sur la trace d’Hérodote, Ch. A. Diop a insisté sur le fait que tous les noms des dieux grecs sont venus d’Égypte. Par ailleurs, l’idéal égyptien de la croyance à l’immortalité de l’âme et à ses destinées éternelles dans le royaume des dieux a été embrassé par Platon, « un sage sacerdotal », montrant à l’esprit humain le chemin qui, du monde sensible, le conduira à la Lumière éternelle.

« Le mort, justifié, devient un Osiris, immortel, et vit désormais parmi les dieux pour l’éternité ; on pense que le champ Aarou, le paradis égyptien, a servi de modèle pour les champs Élysées d’HOMÈRE, contemporain de Piankhi ou Shabaka et qui aurait visité l’Égypte, d’après la tradition grecque même » (Ch. A. Diop, 1981, p. 416).

De ce qui précède nous nous permettons de donner une liste non exhaustive, mais essentielle, des penseurs qui étaient allés puiser leurs connaissances dans le berceau de toute science et de toute sagesse.

- Thalès de Milet : le fondateur de l’école s’était rendu en Égypte pour étudier sous la direction des prêtres de ce pays. Revenu à Milet, il a introduit de nouvelles sciences : astronomie, mathématique et science de la navigation.
- Pythagore de Samos : il a hérité de l’Égypte les mathématiques, la musique et la science des mystères ; sa persévérance et sa patience l’ont amené à surmonter les épreuves de ses maîtres égyptiens.
- Solon : cet homme a été lui aussi disciple des prêtres égyptiens comme Thalès et Pythagore ; il a appris de ceux-ci l’histoire de l’Atlantide qu’il a entrepris de mettre en vers pour la faire connaître aux Grecs.
- Démocrite d’Abdère : Père de l’atomisme, il s’était rendu en Égypte pour apprendre les mathématiques, en particulier la géométrie, auprès des prêtres savants.
- Platon : le père de la dialectique et de l’idéalisme a été en Égypte, notamment à Héliopolis. Le Roi Amasis, qui aimait et protégeait les savants, a facilité son entrée dans les temples où les prêtes gardaient jalousement les savoirs : le contenu de ses dialogues et les allusions qu’il y fait à l’Égypte sont les preuves de l’influence qu’ont effectivement eue les sciences et les religions égyptiennes sur l’élaboration de sa pensée philosophique.
- Eudoxe de Cnide : il avait accompagné Platon en Égypte où il a été après treize ans, comme Platon, initié par les prêtres à quelques-unes de leurs spéculations théoriques.
- Hippocrate : ce penseur est devenu le plus grand médecin de l’Antiquité gréco-romain après s’être initié à la médecine en Égypte (G. Biyogo, 2006, pp. 66-80 ; C. Brelet-Rueff, 1991, p. 28).
- Homère : il a aussi connu l’Égypte et a vanté les médecins d’Égypte, ce pays dont le sol produit en quantité des plantes pour nuire ou pour guérir ; c’est là qu’Hélène va chercher ses remèdes (E. Mveng, 1972, p. 98).

Ces remarques révèlent que les savants grecs devaient toutes leurs connaissances à l’Égypte. En réalité les Anciens, les penseurs grecs et latins, les historiens de la philosophie, les égyptologues sont formels à ce sujet :

« L’Égypte a donné naissance à la philosophie, aux sciences géométriques, astronomiques et médicales, que les penseurs Grecs, au nombre desquels Thalès, Pythagore, Solon, Thalès de Milet, Hippocrate, Œnopide, Démocrite, Eudoxe de Cnide et Platon... ont recueilli pendant leur voyage en Égypte, avec les enseignements des prêtres savants et philosophes » (G. Biyogo, 2006, p. 81).

Cependant, l’initiation aux sciences pharaoniques n’a pas été sans difficulté. Les disciples des prêtres égyptiens ont dû endurer beaucoup d’épreuves avant de pénétrer les mystères jalousement gardés par les maîtres. Nous consacrerons le dernier point de notre étude à cet état d’esprit.


3. L’état d’esprit du corps sacerdotal égyptien à l’égard des candidats hellènes à l’initiation
Les travaux de Ch. A. Diop, et de ceux qu’il a commentés ou qui l’ont commenté ont amené à savoir que c’est en Égypte que les historiens ont trouvé les meilleures informations, les penseurs grecs ont acquis des nouvelles sciences et pénétré profondément les choses pour en déceler les sens. Arrivés jeunes d’esprit dans les temples égyptiens, ils en sont ressortis initiés et sont devenus célèbres. Mais pour pénétrer les mystères égyptiens, c’est-à-dire les textes jalousement conservés dans les sanctuaires par les prêtres savants, ils ont passé chacun plusieurs années sans être initié sur le champ ; les prêtres égyptiens ne voulant pas transmettre immédiatement leurs connaissances aux étrangers.

Les prêtres ne recevaient pas toujours les élèves grecs avec enthousiasme. Ils ont souvent accueilli ces touristes questionnaires comme des fâcheux, toujours indiscrets, trop rigoureusement logiques dans leurs raisonnements (S. Sauneron, 1998, p. 130). Cette méfiance à l’égard de ceux qui cherchent le chemin de la vérité a été commentée par Ch. A. Diop. Il a en effet relevé que les disciples grecs n’étaient pas initiés sur le-champ. Ils passaient plusieurs années, sinon une bonne partie de leur vie, à chercher à se faire ouvrir le chemin du savoir. « Le corps sacerdotal égyptien qui détenait alors le secret des sciences, le garda jalousement et n’accepta de le dispenser de façon très parcimonieuse qu’aux disciples qui, après avoir subi une longue série d’épreuves, s’en étaient révélés dignes » (Ch. A. Diop, 1993, p. 100). Cette relation très complexe entre les disciples et leurs maîtres a fait l’objet d’étude de D. Vaïdjiké sur L’ontologie africaine au cœur d’un système logique [1] .

Lorsque Pythagore a été à la recherche de la science en Égypte, disait Ch. A. Diop dans son article Histoire primitive de l’Humanité : Évolution du monde noir, il a rencontré, pendant plusieurs années, ces difficultés. À la suite de Porphyre, Diop a attesté que Pythagore a, à plusieurs reprises, changer de temple en Égypte. Reçu par Amasis (roi d’Égypte -568 – 526), ce dernier a obtenu de lui les lettres de recommandation auprès des prêtres d’Héliopolis, qui l’ont envoyé à ceux de Memphis. Puis de Memsis, Pythagore a été transféré aux prêtres de Diospolis (Thèbes). Ceux-ci à leur tour, redoutant le roi, et n’osant trouver de faux-fuyant pour écarter le nouveau venu de leur sanctuaire, ont cru pouvoir s’en défaire « en le forçant à subir de très mauvais traitements et à exécuter des ordres très durs, tout à fait étrangers à l’éducation hellénique » (Ch. A. Diop, 1993, p. 100). Un détail que Diop a eu après avoir lu Porphyre mais aussi S. Sauneron (1998, p. 130). Ce dernier avait relaté ce fait dans son ouvrage Les prêtres de l’ancienne Égypte. Il disait à cet effet qu’« instruits par quelques expériences antérieures des tendances intellectuelles de ces curieux hellènes, les prêtres tentèrent ainsi de se débarrasser de Pythagore quand, sur les conseils de Thalès, il vint chercher auprès d’eux les révélations de la science et de la foi ». Les prêtres égyptiens voulaient donc contraindre Pythagore à l’abandon, au découragement pour ne pas pénétrer leurs mystères. Dans ce contexte, Ch. A. Diop (1962, p. 526) écrivait : « Tout cela étant aussi calculé pour le pousser au désespoir et le détourner enfin de son entreprise ». Mais Pythagore n’a pas cédé aux dures épreuves que lui infligeaient ses maîtres. Il voulait s’instruire. Alors, il les a affrontés en exécutant avec zèle tout ce qu’on lui demandait. Devant ce zèle, les prêtres ont fini par concevoir une grande admiration pour Pythagore. C’est ainsi qu’ils l’ont préféré à tous ces élèves des Égyptiens à cause de son tempérament mystique (Ch. A. Diop, 1979, p. 397). C’est ainsi que ces derniers l’ont traité avec égards. L’obstination de Pythagore et sa soif de s’instruire lui ont donc ouvert les portes des sanctuaires égyptiens et concilié la faveur des prêtres qui lui ont transmis la science pour laquelle on le considère en général comme savant.

Ce paragraphe présente un intérêt dans la mesure où il reflète l’état d’esprit qui devait être celui du corps sacerdotal égyptien, l’attitude qu’il adoptait en général à l’égard des candidats à l’initiation. Ch. A. Diop a mis en fait le doigt sur la faiblesse de la civilisation égyptienne. Il a estimé que cette science gardée jalousement n’a jamais pénétré profondément l’esprit du peuple qui recevait un enseignement exotérique.

« Le savoir était si précieux aux yeux du prêtre égyptien qu’il préférait le garder et l’étendre seulement à quelques individus privilégiés, plutôt que d’agir comme son disciple grec et de le répandre à l’échelle du peuple pour se faire un nom. Les dispositions d’âme du prêtre égyptien sont à l’inverse de celles du péripatéticien et expliquent toutes les difficultés que des disciples comme Pythagore, Platon, Eudoxe et tant d’autres ont rencontrées effectivement avant d’accéder aux sciences » (Ch. A. Diop, 1962, p. 526).

Mais ces professeurs, après s’être retournés dans leur patrie pour répandre ce qu’ils ont acquis en Égypte, n’ont pas voulu mentionné les noms de leurs maîtres. Ils se passaient pour les inventeurs des connaissances qu’ils enseignaient en parcourant leurs cités. Cette opinion de Ch. A. Diop (1962, p. 526) en témoigne : « Il est frappant que presque aucun nom de savant égyptien n’ait survécu. Par contre, la quasi-totalité de leurs disciples grecs sont passés à la postérité en s’attribuant les inventions et découvertes de leurs maîtres égyptiens anonymes. »
En effet, les Grecs se comportaient comme s’ils ont toujours été maîtres de leurs pensées, créateurs de la géométrie, de l’astronomie, entre autres. De cette manière, ils ont effacé de l’histoire ceux qui ont contribué à leur célébrité pour passer à la postérité en s’attribuant toutes les inventions et découvertes de leurs maîtres égyptiens. Tel a été le cas de Pythagore qui se faisait passer pour l’inventeur des idées de ses maîtres. Cette attitude, qu’adoptaient d’ailleurs tous les autres professeurs grecs, a précipité le déclin de la civilisation égyptienne. Après s’être initiés en Égypte, ils parcouraient les pays pour faire des conférences [2] publiques, fonder leurs propres écoles et recruter leurs propres élèves et disciples. Contrairement aux prêtres égyptiens, qui gardaient jalousement leurs savoirs ou ne les enseignaient uniquement qu’aux disciples fréquentant leurs temples, les Grecs ont préféré les répandre.

De la science sacrée l’on est passé à une science laïque, profanée, enseignée publiquement par les Grecs. Elle n’est plus l’apanage d’un groupe des privilégiés, ou du moins d’un corps sacerdotal destiné à la garder jalousement, sans la répandre dans le peuple, pour la laisser se perdre avec les bouleversements sociaux (Ch. A. Diop, 1979, p. 397). À la différence des Égyptiens, chez les Grecs la puissance et les dignités de l’esprit n’étaient pas entre les mains des prêtres, mais entre les mains du chercheur, du penseur. Ce dernier pouvait devenir le centre d’un cercle qui se situe entre la congrégation d’une école, d’une académie, et la communauté de vie d’un ordre, se rapprochant davantage tantôt de l’une et tantôt de l’autre, se fixant des buts scientifiques, moraux et politiques, et les reliant entre eux pour constituer une tradition philosophique (E. D’Aster, 1952, p. 48). Ce sont en effet des profanes qui dispensaient l’enseignement scientifique, mais aussi philosophique, dans le monde grec. Or, dans les temples égyptiens l’enseignement n’était pas assuré par les profanes ; puisque les Égyptiens n’aimaient pas profaner leur science. Dans ce contexte, l’accès dans leurs temples était sélectif et la formation rigoureuse. Les Grecs à la recherche des nouvelles sciences étaient soumis à ces conditions.

En somme, tous les élèves grecs qui ont emboité le pas au célèbre Pythagore, ayant puisé le savoir dans la société des prêtres après de dures épreuves, ont dû se heurter aux mêmes réticences que lui avait rencontrées. Platon et Eudoxe, par exemple, ont vécu treize ans à Héliopolis pour apprendre la géométrie, la théologie et la science sacerdotale, bref toutes les sciences qui les ont rendus célèbres, mais en rencontrant d’énormes difficultés car les prêtres, profondément versés dans la connaissance des phénomènes célestes, étaient peu communicatifs.

Beaucoup d’auteurs ont rapporté le voyage des Grecs pour puiser les sciences en Égypte et le rôle de celle-ci dans l’éclosion de leur civilisation. À cette fin, Th. Obenga a donné une liste non exhaustive dans son article L’Égypte pharaonique tutrice de la Grèce de Thales à Aristote, publié dans la revue Éthiopique [3]. . Les savants grecs eux-mêmes, et bien d’autres, en sont conscients. C’est ainsi qu’ils n’acceptaient pas se mettre sur le même plan que les prêtres égyptiens. Ils se considéraient comme leurs disciples. La lignée est évidente ou presque de Thalès à Pythagore, Démocrite, Platon et Eudoxe, tous ceux-là même qui ont créé l’école scientifique et philosophique grecque apparaissent à la lumière des faits qui précèdent comme des disciples formés à l’école des prêtres égyptiens.


Les travaux de Ch. A. Diop, commentés largement par Th. Obenga et d’autres auteurs, ont révélé que la civilisation noire a incontestablement contribué à l’initiation des penseurs hellènes. L’Égypte pharaonique notamment a été pendant plusieurs siècles la grande métropole des sciences, le réservoir des connaissances scientifiques, morales, sociales, entre autres. Pour attester cette vérité historique, Ch. A. Diop a exploré les textes grecs anciens, lesquels rapportent que les plus célèbres parmi les savants ont franchi la mer pour apprendre auprès des prêtres égyptiens. Ainsi, les systèmes de la Grèce avaient eu l’Égypte pour berceau.

Cette vérité historique révélée par Ch. A. Diop introduit une nouvelle orientation dans les recherches sur l’Afrique. Selon G. Biyogo, Diop a défendu une thèse à la lumière de l’état de la science moderne,

« Sur fond des résultats des fouilles archéologiques, de la paléontologie et à l’appui des sources des Anciens : Hérodote, Aristote, Lucien le Navigateur, Apollodore, Eschille, Achille Tatius d’Alexandrie, Strabon, Diodore de Sicile, Ammien Marcellin, Diogène Laërce » (G. Biyogo, 2006, p. 173).

Le retour à l’Égypte antique, dans tous les domaines, est en somme « la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine » (Ch. A. Diop, 1981, p. 12). Autrement dit, Diop a voulu que l’Égypte joue dans la culture africaine le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale.


Bibliographie :
Biyogo Grégoire, Histoire de la philosophie africaine. Livre I. le berceau égyptien de la philosophie, Gabon, L’Harmattan, 2006.

Brelet-Rueff Claudine, Les médecines sacrées, Paris, Albin Michel, 1991.
D’Aster Ernest, Histoire de la philosophie, trad. par M. Belvianes, Paris, Payot, 1952.

Diop Cheikh Anta, Histoire primitive de l’Humanité : Evolution du monde noir, Bulletin de l’I.F.A.N., 1962, p. 449-574.

Diop Cheikh Anta, Nations nègres et culture, Paris, Présence Africaine, 1979.

Diop Cheikh Anta, Civilisation ou barbarie, Paris, Présence Africaine, 1981.

Diop Cheikh Anta, Antériorité des civilisations nègres : Mythe ou vérité historique ?, Paris, Présence Africaine, 1993.

Hegel Georg Wilhelm Friedrich, Leçons sur la philosophie de l’histoire, trad. par J. Gibelin, Paris, J. Vrin, 1945.

Hegel Georg Wilhelm Friedrich, La raison dans l’histoire, Paris, Librairie Plon, 1955.

Mveng Engelbert, Les sources grecques de l’histoire négro-africaine depuis Homère jusqu’à Strabon, Paris, Présence Africaine, 1972.

Obenga Théophile, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx. Contributions de Cheikh Anta Diop à l’Historiographie mondiale, Paris, Présence Africaine, 1996.

Obenge Théophile, L’Égypte pharaonique tutrice de la Grèce de Thales à Aristote, in Éthiopique n°52, Vol. 6 N°1 : revue trimestrielle de culture négro-africaine 1er semestre, 1989. URL : Http ://ethiopiques.refer.sn/spip.php ?article1128 (page consultée le 7 juillet 2015).

Platon, Timée. Critias, trad. par Luc Brisson, Paris, Flammarion, 1992.

Rhode Erwin, Psyché. Le culte le de l’âme chez les Grecs et leur croyance à l’immortalité, trad. par Auguste Reymond, Paris, Payot, 1952.

Sauneron Serge, Les prêtres de l’ancienne Égypte, Paris, Seuil, 1998.

Vaïdjiké Dieudonné, L’Ontologie africaine au cœur d’un système logique, Annales de l’Université de Moundou-Série A, Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, Vol 2 (1), p. 129-145, 2014.

Valbelle Dominique, Les Neufs Arcs. L’Égyptien et les étrangers, de la préhistoire à la conquête d’Alexandre, Paris, Armand Colin, 1990.


Publication originale de cet article :
Sophos, Revue de l’Ecole Normale Supérieure de Libreville, Numéro 2, EDI-CAD, 2017, p. 123-138.


Pour citer article à partir de la présente publication :
Vaïdjiké Dieudonné, Yambaye Esaïe, « Autour de quelques réflexions diopiennes. De l’initiation des penseurs hellènes aux savoirs pharaoniques », Revue Oudjat en Ligne, numéro 1, volume 3, Hors-série, janvier 2018.

ISBN : 978-2-912603-96-8.


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Notes :

[1D’abord la méfiance vis-à-vis de l’étranger, puis l’admiration de celui qui a du zèle (D. Vaïdjiké, 2014, L’Ontologie africaine au cœur d’un système logique, Annales de l’Université de Moundou-Série A, Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, Vol 2 (1), pp. 136-137).

[2La conférence est un élément caractéristique de la civilisation hellénistique.

[3Cf. Http ://ethiopiques.refer.sn/spip.php ?article1128

 

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