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Revue électronique de publications scientifiques sur l'Afrique

 


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Du mâle dans le féminin.
Figures du féminisme dans Féminin interdit d’Honorine Ngou

Dacharly Mapangou, Université Omar Bongo, Gabon


Résumé : Depuis La parole aux négresses (1978) d’Awa Thiam et Une si longue lettre (1979) de Mariama Bâ, qui font sortir les femmes d’Afrique subsaharienne de leur mutisme, leur permettent de parler en toute liberté et avec une franchise saisissante, lèvent le voile sur leurs conditions de vie douloureuses et affligeantes. Les essais et les fictions dénonçant en chœur bien qu’à des degrés différents le sort réservé à la femme en terre d’Afrique noire francophone, et les divers aspects de la domination culturelle, sociale et symbolique du sexe fort sur celui qualifié de faible n’ont pas cessé de paraître et d’enrichir la bibliothèque du champ littéraire africain francophone féminin. Ayant compris la nécessité de défendre elles-mêmes leur cause, de déconstruire le discours social et organisationnel les reléguant depuis l’ère théocratique à un rôle subalterne, les femmes africaines noires dévoilent, au travers de leur écriture engagée, leur féminisme, fût-il libéral, égalitariste ou réformiste, radical, marxiste, matérialiste, noir ou postcolonial, gynocentriste, lesbien, écologiste ou écoféministe, anarchiste ou anarcaféministe, postmoderne. Parmi les féministes africaines noires francophones [1] s’étant penchées sur la condition et le devenir de la femme, il convient de faire une place à Honorine Ngou avec Féminin interdit (2007) qui met en évidence une critique se trouvant au cœur de la dénonciation des « métarécits » de la tradition et de la modernité et de leur dynamique légitimatrice de domination et d’exclusion. Cet article tâchera donc de répondre à la question suivante : quel est le regard féministe postmoderne [2] de l’écrivaine gabonaise sur la situation de la femme dans la société africaine contemporaine ?

Mots-clés : Féminisme postmoderne, Métarécit, Modernité, Sexe biologique/sexe social, Tradition.

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Notes :

[1Nous faisons référence aux Sénégalaises Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Ken Bugul et Nafissatou Niang Diallo, aux Camerounaises Werewere Liking et Calixthe Beyala, à la Gabonaise Angèle Rawiri.

[2S’inspirant de philosophes tels que Gilles Deleuze et Félix Guattari qui s’opposent à l’idée qu’il existe une Vérité « unique et énonçable » (F. Collin, 1999, 55), le féminisme postmoderne est un courant de pensée féministe qui se livre à la déconstruction des pratiques, des modèles et des normes sociales établies, dont les rapports et/ou les identités de genre. Outre le féminisme postmoderne, le féminisme est traversée par un foisonnement de courants qui cohabitent, à l’image du féminisme libéral ou égalitaire, du féminisme radical, du féminisme marxiste, du féminisme matérialiste, du féminisme noir, du féminisme post-colonial, du féminisme gynocentriste, du féminisme de la différence, du féminisme lesbien, du féminisme écologique ou écoféminisme, le féminisme anarchiste ou anarcaféminisme. Si l’on s’en tient à la profusion des courants de pensée féministe et leurs idées centrales, l’on partage l’hypothèse formulée par Louise Toupin (1997) : « il n’y a pas de théorie générale du féminisme, mais plutôt des courants théoriques divers qui scandent son discours ».

 

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