Accueil  Nous écrire

Revue électronique de publications scientifiques sur l'Afrique

 


Navigation et outils


Langues et sciences en Afrique.
Lorsque les Global Studies et les Local Studies sapent les Etudes Africaines

Camille Roger Abolou, Université Alassane Ouattara de Bouaké, République de Côte d’Ivoire


Résumé : Les sciences en Afrique subsaharienne sont en général marquées par les langues coloniales. Elles dépeignent des savoirs disciplinaires et des praxis scientifiques dans les universités africaines. Les langues africaines, exclues massivement de la circularité des connaissances universelles, sapent la résignation scientifique de certains universitaires africanistes. Car, elles sont collées aux savoirs endogènes, aux ethnosciences. Cette position du problème, mettant en lumière les passeurs de sciences dans le contexte du multilinguisme, a été abordée par nombre d’auteurs linguistes, sociologues, philosophes, ethnologues, historiens, épistémologues, etc. Pour les uns, les langues africaines, jadis au cœur de la science moderne depuis les Egyptiens anciens, scellent leur capacité à forger les notions et concepts d’une pensée rationnelle. D’où la quantité et la diversité des ouvrages, articles et communications de traduction et de terminologie scientifique qui révèlent l’interculturalité, un espace en perpétuelles évolution et construction. Pour les autres, les langues africaines, insuffisamment décrites (environ 400 sur 2000 langues) et quasiment non écrites, ne peuvent véhiculer les connaissances modernes. Le recours aux langues occidentales s’avère nécessaire et impérieuse. Deux courants qui semblent saper durablement l’émergence d’une science-monde en Afrique, la formation de véritables communautés scientifiques, induire la mobilité des universitaires selon les effets négatifs et positifs, le transfert des savoirs disciplinaires ou la dépendance de la raison occidentale, etc., et instaurer une insécurité épistémologique criarde et visible dans les productions scientifiques. En relisant l’histoire des idées et des sciences, les passeurs de sciences sont avant et après tout des passeurs de langues par l’immigration et le développement des activités de traduction et de terminologie depuis le IIe siècle avant Jésus-Christ. Activités qui ont forgé une géographie de la raison que Condillac (1981) évoque comme un deus extrema allant des langues analogiques (langues africaines) aux langues digitales ou de calcul (langues occidentales).

Mots clés : Afrique, Epistémologie, Multilinguisme, Science, Transfert.

Lire le texte...


Version PDF Enregistrer au format PDF | Version imprimable de cet article Version imprimable de cet artcile

 

...penser l'Afrique        la penser ensemble...